Violent clash Trump-Netanyahou : le président américain exaspéré par son allié
Trump-Netanyahou : clash téléphonique, tensions maximales

« Tu es complètement fou. » Le ton est fortement monté entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou lundi soir, selon les informations du média américain Axios. Au cours d’une conversation téléphonique houleuse entre les deux leaders, le président américain a vivement reproché à son homologue israélien de mettre en péril les négociations entre Washington et Téhéran en poursuivant ses opérations au Liban.

« Tu serais en prison si je n’étais pas là. Je te sauve les fesses. Tout le monde te déteste désormais », aurait ajouté le républicain, avant d’exhorter publiquement le Hezbollah et Israël à « arrêter de se battre pour toujours » sur son réseau Truth Social.

Exaspération et impuissance américaine

« La colère qu’on devine ne traduit pas l’autorité, mais l’exaspération d’un Donald Trump qui n’a pas de prises sur Benyamin Netanyahou », décrypte Lauric Henneton, maître de conférences à l’université de Versailles et spécialiste des États-Unis. L’expert pointe aussi une forme « d’impuissance » du « grand frère américain », pourtant allié essentiel d’Israël.

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« Il y a une frustration de la part de Donald Trump parce que les négociations avec l’Iran n’aboutissent pas, abonde Elizabeth Sheppard Sallem, maître de conférences en science politique à l’université de Tours. Les Iraniens l’ont compris et surenchérissent en mettant le Liban au centre. »

Clash d’agenda

À quelques mois des élections de mi-mandat, le timing n’est pas bon pour le républicain qui avait promis la destruction rapide du régime iranien. « Le président américain semble s’être fait avoir par la rhétorique de Netanyahou. Là où il pensait faire un bon coup géopolitique, il se retrouve embourbé dans une situation pire qu’avant avec le détroit d’Ormuz fermé, les prix de l’essence toujours aussi hauts et des mauvais sondages », analyse Lauric Henneton.

De son côté, le chef du gouvernement israélien suit son propre agenda, alors que des élections législatives anticipées se profilent et que ses ennuis judiciaires sont toujours d’actualité. Netanyahou doit aussi donner des gages à sa population, notamment les Israéliens du nord, ciblés par les attaques du Hezbollah qu’il a promis d’écraser.

Quand Trump assure que le Premier ministre israélien s’est engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth lundi, Netanyahou lui répond qu’Israël continuera bien de frapper des « cibles terroristes » dans la capitale libanaise « si le Hezbollah ne cessait pas d’attaquer nos villes et nos citoyens ».

« Comment persuader ou forcer un allié à renoncer à son agenda le plus pressant ? Et est-ce que Benyamin Netanyahou, pris dans une forme de fuite en avant, peut se permettre de renoncer ? », interroge Lauric Henneton, qui pointe une situation « inextricable ».

Diplomatie transactionnelle

Pourtant, Israël dépend de son allié américain dans de nombreux dossiers. Les deux pays ont d’ailleurs lancé ensemble l’offensive contre l’Iran à la fin du mois de février. « Donald Trump a le pouvoir d’arrêter Netanyahou : on l’a vu en juin dernier lors de la guerre des Douze jours, on l’a vu à Gaza, nuance de son côté Elizabeth Sheppard Sallem. Mais jusqu’à quel point ? Car s’il l’arrête totalement il se plie à l’Iran et il aura du mal à faire accepter au leader israélien le fait de ne pas riposter. »

« Il y a une ligne à trouver entre arrêter les dégâts les plus importants du Premier ministre israélien et totalement le contraindre », appuie-t-elle. La chercheuse y voit un nouvel exemple de la « diplomatie transactionnelle », régulièrement adoptée par le leader américain sur les gros dossiers internationaux. « Si Donald Trump demande quelque chose, Israël obtiendra une contrepartie, explique Elizabeth Sheppard Sallem. À Gaza, comme ailleurs, il a été plutôt flexible dans ses demandes : si le Hamas ne se désarme pas, par exemple, il laissera plus de marge aux Israéliens. »

Une condition similaire va-t-elle être posée sur le cas libanais ? « Comme avec Zelensky, c’est une histoire de cartes et de casino. Il faut voir quelle est la main de Trump dans cette partie et ce qu’il peut sacrifier pour arriver au bout », oppose Lauric Henneton.

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