À première vue, peu de choses relient le Venezuela au Canada et au Groenland. Pourtant, le pays d'Amérique latine a désormais rejoint ces deux territoires dans la liste des nations menacées par Donald Trump. Quatre mois après l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par l'armée américaine, le locataire de la Maison-Blanche a fièrement déclaré qu'il souhaitait « contrôler le pays » lors d'un entretien accordé à Fox News ce lundi. Il a affirmé envisager « sérieusement de faire du Venezuela le 51e État américain ».
Une nouvelle provocation du président américain
Ce mercredi, le milliardaire a renchéri en publiant sur son réseau Truth Social une carte de l'Amérique du Sud où le Venezuela apparaît aux couleurs du drapeau américain. Ce visuel a été republié sur X par le compte officiel de la Maison-Blanche. Ce n'est pas la première fois que Donald Trump évoque cette volonté. En mars dernier, après la victoire de l'équipe nationale du Venezuela au World Baseball Classic, il avait ironisé : « De bonnes choses arrivent au Venezuela ces derniers temps ! Je me demande bien d'où vient cette magie ? Un statut d'État américain, le 51e, ça tente quelqu'un ? »
Réaction ferme de Caracas
Face à ces provocations, le Venezuela n'a pas tardé à réagir. « Nous continuerons à défendre notre intégrité, notre souveraineté, notre indépendance, notre histoire », a affirmé lundi la présidente par intérim Delcy Rodríguez, rappelant que son pays n'est « pas une colonie, mais un pays libre ». Arrivée au pouvoir après l'enlèvement de Maduro, elle a multiplié les réformes pour assouplir les sanctions américaines. Malgré les déclarations de Trump, elle a assuré que son gouvernement travaille à « un agenda diplomatique de coopération » avec les États-Unis.
Malaise à la Maison-Blanche
Cette énième atteinte à l'indépendance du Venezuela a décontenancé au sein même de l'administration Trump. La porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a refusé de commenter la nouvelle idée de son président, préférant louer sa capacité à « ne jamais accepter le statu quo » et féliciter la présidente vénézuélienne pour sa « coopération incroyable » avec les États-Unis.
Un expansionnisme qui vise aussi le Canada et le Groenland
Ces derniers mois, le Canada et le Groenland ont également été dans le viseur expansionniste de Donald Trump. Le 28 avril dernier, alors que le Canada se rendait aux urnes, il avait appelé les Canadiens à élire un leader capable de réduire leurs impôts de moitié, de renforcer leurs capacités militaires gratuitement et de quadrupler les secteurs clés, si le Canada devenait le « précieux 51e État » américain.
Le président américain avait multiplié les déclarations provocantes pendant la campagne, qualifiant même l'ancien Premier ministre Justin Trudeau de « gouverneur ». En janvier dernier, le Financial Times révélait que des membres de l'Alberta Prosperity Project, un groupe indépendantiste d'extrême droite canadien, avaient rencontré des responsables du département d'État à trois reprises.
Le Groenland dans le viseur
Début 2026, Donald Trump a multiplié les déclarations similaires envers le Groenland, affirmant vouloir prendre le contrôle de ce territoire danois « d'une manière ou d'une autre ». Le député républicain Randy Fine a même déposé une proposition de loi pour faire du Groenland le 51e État américain, autorisant Trump à « prendre toutes les mesures nécessaires pour annexer le Groenland ou l'acquérir en tant que territoire des États-Unis », qualifiant l'île d'« atout vital pour la sécurité nationale ».



