Au Pérou, l'ombre de l'ancien dictateur Alberto Fujimori plane sur le second tour de l'élection présidentielle, qui oppose la candidate de droite Keiko Fujimori, sa fille, au candidat de gauche Pedro Castillo. Les Péruviens sont divisés sur l'héritage de Fujimori, qui a gouverné le pays d'une main de fer de 1990 à 2000, avant d'être emprisonné pour crimes contre l'humanité.
Un héritage controversé
Alberto Fujimori est une figure clivante au Pérou. Ses partisans louent sa lutte contre le groupe terroriste Sentier lumineux et ses réformes économiques qui ont stabilisé le pays. Ses détracteurs dénoncent sa dérive autoritaire, la corruption et les violations des droits humains commises sous son régime. Aujourd'hui, sa fille Keiko Fujimori, candidate à la présidence pour la troisième fois, tente de capitaliser sur ce bilan, tandis que Pedro Castillo promet de rompre avec cet héritage.
Les enjeux du second tour
Le second tour, prévu pour le 6 juin, s'annonce serré. Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude. Keiko Fujimori bénéficie du soutien des milieux d'affaires et des classes aisées, tandis que Pedro Castillo séduit les populations rurales et les classes populaires. La campagne a été marquée par des attaques personnelles et des accusations de fraude électorale.
- Keiko Fujimori promet de poursuivre les politiques économiques libérales de son père et de lutter contre la criminalité.
- Pedro Castillo propose une réforme de la constitution, une nationalisation des ressources naturelles et une augmentation des dépenses sociales.
L'influence de l'ex-dictateur
Alberto Fujimori, âgé de 82 ans, reste une figure influente. Bien qu'il purge une peine de 25 ans de prison, il continue de peser sur la vie politique péruvienne. Sa fille a bénéficié de sa grâce présidentielle en 2017, mais celle-ci a été annulée par la justice. Aujourd'hui, son ombre plane sur le scrutin, chaque camp utilisant son héritage pour mobiliser ses électeurs.
Le résultat de cette élection déterminera l'avenir du Pérou, entre continuité et changement. Les observateurs internationaux craignent des tensions post-électorales, quel que soit le vainqueur.



