Guerre au Moyen-Orient : nouvelles frappes Iran-USA et offensive israélienne au Liban
Nouvelles frappes Iran-USA, offensive israélienne au Liban

Le sort du Liban à l'ONU, nouvelles frappes entre l'Iran et les États-Unis… Le point sur la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump souhaite plus de fermeté dans les négociations de paix avec Téhéran, qui patinent. Dans le même temps, l'armée israélienne a intensifié son offensive dans le sud du Liban, où elle a mené de nouvelles frappes.

Troisième vague de frappes américaines sur l'Iran

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes « défensives » sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine. Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X. Ces opérations ont été menées « en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales », a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire. La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'État. L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

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Nouvelle proposition américaine, Téhéran temporise

Ces frappes ont définitivement refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février. Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un deal, le « New York Times » a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, le président américain, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington. De son côté, la chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

« Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis », a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf. L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des États-Unis et de nombreux pays. Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant. Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban.

Donald Trump s'impatiente

Donald Trump a insisté dimanche sur son réseau social Truth Social que le projet d'accord avec Téhéran « stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire », et ce « en des termes très fermes ». La question du nucléaire serait même, dit-il, « l'essentiel de l'accord ». Ce lundi matin, le président américain a écrit un nouveau message, affirmant que « l'Iran souhaite vraiment conclure un accord » et que celui-ci sera « avantageux pour les États-Unis ». Le problème, selon lui ? Les « Dumocrates » - contraction de « dumb » (idiot en anglais) et « démocrate » - et quelques « républicains apparemment peu patriotes » dont les « jacassements négatifs » l'empêchent de travailler correctement. « Il suffit de prendre du recul et de se détendre, tout finira par s'arranger – c'est toujours comme ça », lance-t-il.

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Israël envahit le Sud-Liban, l'ONU se réunit

Au Liban, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud où elle a mené de nouvelles frappes. En représailles, le Hezbollah a poursuivi ses attaques notamment dans le Nord israélien. Autant d'attaques en dépit de la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée. Pour les États-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël « s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth », selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Le président libanais a affirmé ce lundi sur X que son pays faisait face à « une agression féroce et condamnable d'Israël ». Il a également promis d'« œuvrer pour mettre fin aux souffrances des Libanais en général, et de la population du Sud en particulier ». Le Premier ministre israélien avait, lui, qualifié dimanche la prise de la forteresse de Beaufort de « tournant majeur » et affiché une volonté « d'approfondir et d'étendre » l'emprise d'Israël « sur les zones qui étaient sous le contrôle du Hezbollah ».

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra ce lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP. Elle aura lieu immédiatement après une autre réunion d'urgence demandée par la Roumanie après la chute d'un drone sur un immeuble à Galati, qui est programmée à 15 heures (21 heures en France), ont précisé ces sources.