La position d'équilibriste des Émirats arabes unis, ciblés par l’Iran et alliés des États-Unis et d’Israël
Alors que le pays le plus frappé par Téhéran lors des trois mois et demi de guerre américano-israélienne a renforcé sa coopération avec l’État hébreu, son président, « MBZ », participe ce mardi 16 juin au sommet du G7 à Évian.
Par Dimitri Krier | Publié le 16 juin 2026 à 15h00 | Lecture : 7 min.
Les images ont tourné en boucle à la télévision d’État : le président des Émirats arabes unis (EAU) embrassant le front et touchant la tête d’Émiriens couchés sur leur lit d’hôpital, blessés par des tirs de missiles. Une semaine après le début de la guerre américano-israélienne lancée contre l’Iran le 28 février, qui a entraîné des tirs de riposte iraniens sur tous les pays du Golfe et débouché sur un protocole d’accord entre Téhéran et Washington qui doit être signé vendredi 19 juin à Genève, le cheikh Mohammed Ben Zayed al-Nahyan (« MBZ »), vêtu de sa traditionnelle dishdasha grise et de son foulard blanc, est venu au chevet de sa population, brusquement projetée en première ligne du conflit.
« Je dis à l’ennemi : les Émirats sont un modèle de développement et de civilisation, mais notre peau est épaisse et notre chair est amère, avertit-il. Nous ne serons pas dévorés. »
Pour les EAU qui n’ont jamais connu une attaque d’une telle ampleur depuis leur indépendance en 1971, le bilan est lourd : 13 morts et plus de 200 blessés. Les vidéos de boules de feu traversant le ciel bleu de Dubaï, le plus peuplé des sept émirats des EAU, et provoquant d’épais nuages de fumée au-dessus des gratte-ciel ont choqué le monde entier.
Un allié de longue date des États-Unis
Les Émirats arabes unis sont un allié stratégique des États-Unis depuis des décennies. Ils abritent des bases militaires américaines et participent à des opérations conjointes. Mais leur rapprochement avec Israël, officialisé par les accords d’Abraham en 2020, a compliqué leur position dans la région. La guerre américano-israélienne contre l’Iran a mis en lumière cette fragilité : les EAU sont devenus une cible privilégiée des représailles iraniennes.
MBZ au G7 : un rôle de médiateur ?
La participation de MBZ au sommet du G7 à Évian est perçue comme une tentative de renforcer son rôle diplomatique. Il cherche à équilibrer ses relations avec les grandes puissances tout en protégeant son pays des retombées du conflit. Certains analystes estiment qu’il pourrait servir de médiateur entre l’Iran et les Occidentaux, mais sa proximité avec Israël complique cette mission.
En parallèle, les EAU investissent massivement dans leur défense et leur sécurité intérieure. Le pays a commandé des systèmes antimissiles avancés et renforcé sa coopération avec les États-Unis et Israël dans le domaine de la cybersécurité.
Une population sous le choc
Les attaques iraniennes ont semé la peur parmi les habitants des EAU, dont une grande partie est composée d’expatriés. Le gouvernement a multiplié les messages de soutien et de résilience, mais la menace reste présente. Le protocole d’accord entre Téhéran et Washington, qui doit être signé à Genève, pourrait apporter une accalmie, mais les tensions restent vives.
Pour l’instant, MBZ continue de jouer l’équilibriste, entre alliés occidentaux et voisins iraniens, tout en tentant de préserver la stabilité et la prospérité de son pays.



