Emmanuel Macron s'est exprimé ce lundi 15 juin 2026 lors d'un entretien exclusif au journal de 13h sur TF1, en direct d'Évian-les-Bains, où se tiendra le sommet du G7. Le président de la République a abordé la situation géopolitique au Moyen-Orient, notamment l'accord imminent entre les États-Unis et l'Iran pour la réouverture du détroit d'Ormuz, bloqué depuis plusieurs mois.
Un accord « historique » pour le détroit d'Ormuz
« Il faut y croire », a déclaré Emmanuel Macron, se félicitant de l'accord trouvé entre Washington et Téhéran. Il a estimé qu'« il faudra tout faire pour le mettre en œuvre ». Pour sécuriser le détroit et assurer son déblocage, la France est prête à déployer des moyens militaires significatifs, notamment le porte-avions Charles-de-Gaulle, qui « peut être déployé dans les deux ou trois jours », accompagné de frégates, d'avions et d'équipes de déminage.
Le chef de l'État a souligné l'importance d'éviter tout péage iranien dans le détroit, par où transite un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures. « Il faut tout faire dans les heures et les jours qui viennent pour que ce soit une réalité. On doit s'assurer qu'il n'y ait pas de péage pour que les prix ne montent pas », a-t-il insisté.
Baisse des prix à la pompe : des semaines d'attente
Interrogé sur les conséquences pour les consommateurs français, Emmanuel Macron a promis que le gouvernement veillerait à ce que la chute du cours du pétrole, attendue après l'accord, soit « bien répercutée à la pompe ». Toutefois, il a prévenu que si les marchés réagiront rapidement, « pour que les chaînes logistiques repartent, ça va prendre quelques semaines ». Cette annonce intervient alors que les Français espèrent une baisse des prix avant les grandes vacances d'été.
Alternatives au détroit d'Ormuz
Le président a également évoqué des solutions à long terme pour réduire la dépendance mondiale au détroit d'Ormuz, notamment la construction de gazoducs empruntant d'autres chemins. « Il faut trouver d'autres chemins avec des gazoducs », a-t-il expliqué.
Discussion « respectueuse mais ferme » avec Donald Trump
Sur le plan commercial, Emmanuel Macron a répondu aux menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si Paris ne supprime pas sa taxe sur les services numériques. « Cette taxe numérique, les Européens l'ont décidée, plusieurs pays l'ont mise en œuvre, elle fait partie de notre droit. Ce n'est pas les États-Unis qui décident pour le droit des Européens, ni des Français », a-t-il affirmé. Il a appelé à « une discussion respectueuse mais ferme » avec le président américain, soulignant que « les tarifs, ça fait du bien à personne et surtout les tarifs entre pays du G7 ».



