L'économie israélienne sous l'emprise des partis orthodoxes : un coût élevé pour les contribuables
La place de la religion dans la société israélienne ne cesse de croître sous le gouvernement de coalition dirigé par Benyamin Netanyahou depuis décembre 2022. Pour garantir une majorité parlementaire solide, le Premier ministre israélien s'appuie sur les députés juifs orthodoxes, qui monnaient leur soutien politique contre des avantages substantiels. Cette alliance, ancrée à la droite extrême, représente un fardeau financier important pour les contribuables, comme le souligne l'économiste Jacques Bendelac.
Une influence politique croissante
La population juive orthodoxe en Israël est estimée à 1,2 million de personnes début 2026, soit 12 % de la population totale. Représentés par les partis Shass et Judaïsme unifié de la Torah, ces groupes disposent de 18 sièges à la Knesset, un poids décisif pour atteindre la majorité des 120 députés. Netanyahou a ainsi maintenu son pouvoir grâce à cette coalition, même après l'attaque terroriste du 7 octobre 2023, en accordant des gains financiers et religieux aux ultra-orthodoxes.
Le budget 2026 : un exemple de collusion
L'adoption du budget 2026 illustre parfaitement cette collusion entre religion et État. Les députés orthodoxes ont conditionné leur vote à l'exemption du service militaire pour leurs électeurs. En juillet 2025, ils ont même quitté le gouvernement tout en continuant à le soutenir à la Knesset, démontrant leur influence. La dispense militaire, datant de 1948, concerne désormais environ 200 000 harédim, dont la moitié évite le service, tandis que les subventions publiques atteignent 35 milliards de shekels en 2025, soit 8 % du budget courant hors défense.
Impact sur le marché du travail et la production
Les subventions généreuses aux harédim affectent directement le marché du travail. En 2025, seulement 54 % des hommes orthodoxes en âge de travailler étaient actifs, contre 86 % des juifs non orthodoxes. Les femmes harédim, avec un taux d'emploi de 81 %, se rapprochent des non-harédim (83 %), mais souvent dans des emplois partiels. Cette faible participation réduit la production économique : une étude de l'Institut israélien de la démocratie estime que l'économie aurait pu croître de 54 milliards de shekels en 2024 si les conditions des harédim étaient similaires, soit 3 % du PIB annuel.
Détournement du fonds souverain
En 2026, une nouvelle source de financement émerge avec le fonds souverain issu des revenus gaziers. Destiné au développement économique à long terme, il permet des transferts annuels de 3,5 % pour des dépenses éducatives et sociales. Cependant, le budget 2026 prévoit d'affecter 40 millions de dollars sur 70 millions à la communauté ultra-orthodoxe, finançant écoles religieuses et instituts talmudiques, un détournement qui soulève des questions sur l'utilisation des fonds publics.
Conséquences pour l'économie et la société
Sous Netanyahou, la dimension religieuse de l'État s'est renforcée, avec des coalitions incluant les partis ultra-orthodoxes. En accordant des budgets incontrôlés et en maintenant une partie de la population hors du marché du travail, le gouvernement ralentit la croissance économique et érode le niveau de vie. Cette stratégie politique, qui privilégie la survie du Premier ministre, compromet l'intérêt général et la résilience de l'économie israélienne face aux défis futurs.



