Israël frappe le Liban malgré les pourparlers : 5 morts dont un enfant
Israël frappe le Liban : 5 morts dont un enfant

Israël a poursuivi mardi 2 juin 2026 ses frappes sur le sud du Liban malgré les promesses d'apaisement de Washington, qui parraine une nouvelle session de pourparlers entre diplomates libanais et israéliens et met en cause le Hezbollah pro-iranien, opposé à ces négociations.

Des négociations sous tension

« Sans l'Iran, il n'y aurait pas de Hezbollah », a répété Marco Rubio, rappelant que les Etats-Unis insistaient pour séparer les négociations israélo-libanaises de celles avec l'Iran, ce que refuse Téhéran. Si ce n'était l'obstacle du Hezbollah, Israël et le Liban pourraient conclure un accord de paix « dès demain », a assuré mardi le chef de la diplomatie américaine, au premier jour de la quatrième session de négociations depuis le début de la guerre le 2 mars 2026.

Des délégations d'Israël et du Liban, qui n'entretiennent pas de relation diplomatique, se sont rencontrées au département d'État à Washington. « Les progrès continuent sur les aspects politique et sécuritaire », a déclaré en fin de journée le porte-parole de la diplomatie américaine, Tommy Pigott, ajoutant que les discussions reprendraient mercredi.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Annonces contradictoires

Donald Trump avait annoncé ce lundi que Benjamin Netanyahu s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait « cesser totalement le feu »… avant que le Premier ministre israélien ne réaffirme qu'Israël « frapperait des cibles terroristes à Beyrouth » si le Hezbollah poursuivait ses attaques. Mardi, son ministre de la Défense, Israël Katz, est revenu à la charge, affirmant que les États-Unis avaient « validé le principe ».

Et l'armée israélienne a frappé dans la journée une vingtaine de localités, tandis que le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques contre les militaires israéliens qui occupent une partie du sud. Ces frappes ont fait mardi cinq morts, dont un enfant, et 48 blessés, a annoncé le ministère libanais de la Santé, qui précise que parmi les blessés figurent « un médecin et cinq employés de l'hôpital public de Tebnine ».

Poursuite des opérations

Benjamin Netanyahu a déclaré que son armée « continuerait à opérer comme prévu dans le sud du Liban », où elle progresse comme jamais depuis près de 30 ans, affirmant vouloir y « écraser » le Hezbollah pour protéger le nord de son pays de ses attaques. « Sans l'Iran, il n'y aurait pas de Hezbollah », a répété Marco Rubio, rappelant que les États-Unis insistaient pour séparer les négociations israélo-libanaises de celles avec l'Iran, ce que refuse Téhéran.

Les discussions avec la République islamique pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février 2026 par l'offensive américano-israélienne se poursuivent, « sans interruption », a lui soutenu Donald Trump, réfutant les informations selon lesquelles Téhéran avait suspendu le dialogue à cause de l'offensive israélienne au Liban.

Bilan humain et déplacements

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale pour soutenir l'Iran, provoquant une intense campagne de frappes israéliennes qui ont fait 3.468 morts selon le ministère libanais de la Santé, dont 35 depuis lundi. Plus d'un million de personnes ont été déplacées. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

Arguant de « violations répétées » par le Hezbollah du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Benjamin Netanyahu avait menacé lundi de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite, provoquant un mouvement de panique de la population. Selon le média américain Axios, Donald Trump l'a traité de « complètement fou », l'accusant au cours d'une conversation téléphonique de compromettre les négociations avec l'Iran.

Mouvement de départs dans la banlieue sud

Mardi dans la banlieue sud, beaucoup de magasins sont restés fermés et un drone survolait le secteur à basse altitude, selon un journaliste de l'AFP. En fin de journée, un communiqué israélien affirmant que des membres du Hezbollah se cachaient dans le quartier chrétien de la ville de Tyr (sud) jusque-là épargné, et évoquant de possibles appels à l'évacuation, a provoqué un mouvement de départs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

L'Agence libanaise officielle Ani a ensuite rapporté que l'armée libanaise avait envoyé des troupes dans le quartier pour en assurer la sécurité, pendant que le maire s'y rendait pour rassurer la population. Près de Saïda, plus au nord, les secouristes ont retiré des décombres d'une maison visée lundi soir les corps de six membres d'une famille, dont deux enfants et une femme.

Ani a par ailleurs fait état mardi soir d'une avancée des forces israéliennes près de Debbine (sud-est), où elles avaient mené des frappes ces derniers jours. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a de nouveau estimé que les négociations avec Israël restaient « l'option la moins coûteuse pour le Liban ».

Proposition américaine et réactions du Hezbollah

Selon l'ambassade libanaise à Washington, le Hezbollah a accepté lundi une proposition américaine prévoyant qu'Israël s'abstienne de frapper la banlieue en échange de l'engagement du Hezbollah à arrêter ses attaques sur Israël. Le plan prévoit que le cessez-le-feu soit ensuite « élargi pour couvrir l'ensemble du territoire libanais ».

« Si un accord de cessez-le-feu global est obtenu », le président du Parlement libanais Nabih Berri, qui joue un rôle d'intermédiaire entre le Hezbollah et les États-Unis, en garantira le respect par la formation pro-iranienne, a déclaré son conseiller à l'AFP. Le Hezbollah n'acceptera pas un « cessez-le-feu partiel » avec Israël, a affirmé de son côté un de ses hauts responsables à l'AFP.