L'Iran répond au plan de paix américain, Netanyahu juge la guerre inachevée
Iran répond au plan américain, guerre pas finie selon Netanyahu

Téhéran a transmis sa réponse au plan de paix américain pour mettre fin au conflit régional, tandis que Benjamin Netanyahou affirme que la guerre n'est pas terminée. L'Iran a annoncé ce dimanche avoir répondu au plan américain visant à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient, un conflit qui n'est « pas finie », selon le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.

Sans commenter l'annonce iranienne, le président américain Donald Trump s'en est pris aux dirigeants iraniens sur sa plateforme Truth Social. Ils « se moquent de notre pays qui a désormais retrouvé sa grandeur, mais ils ne riront plus très longtemps ! » a-t-il écrit. Attendu en Chine jeudi prochain, Donald Trump entend « faire pression » sur son homologue Xi Jinping pour obtenir un accord de Téhéran, a indiqué un responsable américain sous le couvert de l'anonymat.

Des échanges sans percée

Le va-et-vient de propositions entre les États-Unis et l'Iran pour mettre un terme de manière durable aux hostilités n'a jusque-là débouché sur aucune percée depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril. Dimanche, plusieurs attaques de drones ont été signalées dans le Golfe. La télévision d'État iranienne a indiqué que la réponse de Téhéran, transmise via le médiateur pakistanais, était « axée sur la fin de la guerre […] sur tous les fronts, en particulier au Liban, et sur la garantie de la sécurité de la navigation maritime », sans plus de détails.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les enjeux du démantèlement nucléaire

Dans un entretien enregistré plus tôt dans la semaine et diffusé dimanche, Donald Trump a estimé que les Iraniens étaient « vaincus sur le plan militaire », mais a laissé entendre que l'armée américaine pourrait rester « deux semaines supplémentaires et frapper toutes les cibles » identifiées, pour apporter une « touche finale ». La guerre « a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie », a de son côté jugé Benjamin Netanyahou, mettant en avant l'épineuse question du nucléaire iranien. « Il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran » et « des sites d'enrichissement à démanteler », a affirmé Benjamin Netanyahou à la chaîne américaine CBS.

« Nous ne courberons jamais la tête devant l'ennemi, et s'il est question de dialogue ou de négociation, cela ne signifie ni capitulation, ni recul »

La situation sécuritaire dans le Golfe

Dans le Golfe, le détroit d'Ormuz continue de faire l'objet d'un bras de fer entre Washington et Téhéran. Au Qatar, un vraquier en provenance d'Abou Dhabi a été visé par un drone en matinée dans les eaux territoriales, avant de poursuivre son trajet, selon le ministère de la Défense. L'agence de presse iranienne Fars a affirmé qu'il « battait pavillon américain et appartenait aux États-Unis ». D'autres pays du Golfe ont été ciblés par des drones ce dimanche : le Koweït n'en a pas précisé la provenance, mais Abou Dhabi a directement accusé Téhéran. Ces attaques interviennent deux jours après que l'armée américaine a visé deux pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman.

« Notre retenue est terminée », a averti Ebrahim Rezaei, le porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien. « Toute attaque contre nos navires déclenchera une riposte iranienne forte et décisive contre les navires et les bases » des États-Unis. « Nous ne courberons jamais la tête devant l'ennemi, et s'il est question de dialogue ou de négociation, cela ne signifie ni capitulation, ni recul », a de son côté écrit sur X le président Massoud Pezeshkian.

Blocus et perturbations

Téhéran verrouille Ormuz depuis le début de la guerre, autorisant au compte-goutte les franchissements du détroit. En réaction, Washington impose un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril. Face aux perturbations d'approvisionnement, le Premier ministre indien Narendra Modi a exhorté dimanche les Indiens à réduire leur consommation d'essence.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Le Royaume-Uni et la France s'activent pour mettre sur pied une coalition internationale visant à sécuriser le détroit, après un règlement du conflit. Tout déploiement déclenchera une « réponse décisive et immédiate » de l'armée iranienne, a averti le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. La France « n'a jamais envisagé » un déploiement militaire à Ormuz, mais une mission de sécurisation « concertée avec l'Iran », a précisé le président Emmanuel Macron.

Par ailleurs, la télévision d'État iranienne a annoncé que le chef du commandement des forces armées, Ali Abdollahi, avait rencontré le guide suprême Mojtaba Khamenei. Ce dernier a donné « de nouvelles directives et orientations pour la poursuite des opérations visant à affronter l'ennemi », a affirmé la télévision. Sur l'autre front du conflit, au Liban, Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs attaques mutuelles, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. Deux secouristes affiliés au Hezbollah ont été tués dans deux frappes israéliennes dans le sud du Liban, a indiqué ce dimanche le ministère de la Santé, selon lequel les opérations israéliennes ont fait 2 846 morts depuis le début de la guerre le 2 mars. De nouvelles discussions entre les deux voisins sont prévues à Washington les 14 et 15 mai.