Les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées cette semaine lorsque les Houthis ont annoncé leur intention de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, perturbant ainsi les exportations pétrolières saoudiennes en mer Rouge. Les rebelles, qui accusent l'Arabie saoudite de mener des attaques au Yémen, ont revendiqué avoir attaqué deux pétroliers saoudiens dans ce passage stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures. Cette escalade a fait grimper les prix du pétrole, le baril de Brent dépassant à nouveau les 100 dollars jeudi 23 juillet.
Implication iranienne présumée
Des informations révélées par Reuters le même jour suggèrent que l'Iran a pu jouer un rôle dans les actions des Houthis. Selon l'agence de presse britannique, Téhéran a envoyé ce mois-ci au Yémen des commandants des Gardiens de la révolution islamique, des conseillers militaires ainsi que des équipements pour missiles et drones. Cette démarche indiquerait que la République islamique cherche à renforcer les capacités de ses alliés Houthis pour menacer le trafic maritime en mer Rouge, une voie cruciale pour les livraisons énergétiques.
Deux commandants de haut rang envoyés au Yémen
Pour ce faire, l'Iran a transporté les membres des Gardiens et les équipements militaires à bord d'un avion de la compagnie Mahan Air ayant quitté Téhéran le 13 juillet à destination du Yémen. Selon deux sources iraniennes, dix à 21 membres des Gardiens de la révolution, dont deux commandants de haut rang, se trouvaient à bord. L'avion n'a pas pu atterrir à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, en raison d'une attaque des forces gouvernementales yéménites soutenues par l'Arabie saoudite. Il a été dérouté vers la ville portuaire de Hodeïdah. "Les commandants des Gardiens se sont rendus là-bas pour soutenir les opérations des Houthis et fournir des formations concernant de nouveaux systèmes de missiles", a déclaré l'une des sources de Reuters, ajoutant que Téhéran a également acheminé de l'or destiné à financer les activités de la milice chiite.
Réactions des parties prenantes
Le ministre yéménite de l'Information, Moammar al-Iryani, a confirmé à Reuters que les Houthis avaient reçu de l'aide de Téhéran. "Leur mission est de renforcer les capacités militaires de la milice et de la préparer à menacer la sécurité maritime internationale en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb", a-t-il déclaré. Aucun commentaire n'a été obtenu auprès du ministère iranien des Affaires étrangères, alors que Téhéran a régulièrement nié fournir des capacités de missile aux Houthis. Les autorités houthies nient également toute aide iranienne, un représentant des services de communication dénonçant des "mensonges et fabrications" et assurant que tous les passagers de l'avion étaient des civils. Les rebelles yéménites ont plusieurs fois démenti être une milice iranienne, affirmant développer leurs propres armes.
Menaces de Donald Trump
Plus tôt dans le mois, Reuters avait rapporté que l'Iran avait demandé aux Houthis de se tenir prêts à bloquer le détroit de Bab el-Mandeb si les États-Unis mettaient à exécution leur menace de détruire des infrastructures énergétiques iraniennes. Jeudi, Donald Trump a pointé du doigt l'Iran, affirmant vouloir punir Téhéran pour les attaques des Houthis contre les pétroliers saoudiens : "Si [les Houthis] recommencent, les États-Unis tiendront l'Iran pour responsable […] et une punition militaire majeure sera infligée à l'Iran et, bien sûr, aux Houthis eux-mêmes", a-t-il menacé via son réseau Truth Social. Il a ajouté que "tous les dommages causés aux navires, à la cargaison ou à tout autre élément s'y rapportant, seront payés par l'argent iranien que les États-Unis ont en leur possession et contrôlent". Ces déclarations accentuent la pression sur le camp adverse, alors que les hostilités menées par la milice yéménite menacent la trêve instaurée en 2022 entre les Houthis et Riyad, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et a lancé une intervention militaire en 2015 contre le mouvement chiite armé.



