Le Hamas a officiellement demandé à Amnesty International de retirer un rapport publié jeudi, dans lequel l'organisation de défense des droits humains qualifie pour la première fois les attaques du 7 octobre 2023 de crimes contre l'humanité. Ce document de plus de 170 pages accuse la branche armée du Hamas, la brigade Al Qassam, ainsi que d'autres groupes armés palestiniens, d'avoir commis des meurtres, des enlèvements, des tortures et des violences sexuelles visant délibérément des civils dans le sud d'Israël.
Des accusations sans précédent
Amnesty International s'appuie sur 70 témoignages et plus de 350 éléments visuels pour étayer ses accusations. Parmi les témoins figurent 17 survivants des attaques, des membres de familles de victimes, des spécialistes médicolégaux, du personnel médical, des avocats et des journalistes. L'ONG décrit des actes systématiques et coordonnés, incluant extermination, emprisonnement, disparitions forcées, enlèvements, torture et viols. Selon le rapport, ces violations graves constituent des crimes contre l'humanité.
Le Hamas rejette les allégations
Dans un communiqué, le Hamas a démenti ces accusations et exigé le retrait du rapport, affirmant qu'il est infondé. L'organisation précise que les attaques visaient des cibles militaires et non des civils. Amnesty International rejette ces dénégations, soulignant le caractère systématique et généralisé des violences perpétrées le 7 octobre 2023, qui ont fait environ 1 200 morts et 4 000 blessés, majoritairement des civils. Plus de 250 personnes, dont des enfants, ont été prises en otage.
Des obstacles à la justice
Amnesty regrette que de nombreux responsables présumés de ces crimes aient été tués par l'armée israélienne, empêchant ainsi d'éventuelles poursuites judiciaires. L'ONG confirme qu'une dépouille d'otage reste retenue à Gaza, le Hamas affirmant rencontrer des difficultés pour la localiser sous les décombres. Amnesty demande son rapatriement inconditionnel dès que possible.
Contexte de la guerre
L'attaque du 7 octobre 2023 a déclenché une guerre dévastatrice à Gaza, où la riposte israélienne a causé plus de 70 000 morts, en majorité des civils. En décembre 2024, Amnesty avait déjà accusé Israël de génocide dans l'enclave palestinienne, accusations rejetées par l'État hébreu. Le Hamas continue de nier toute exaction relevant de crimes contre l'humanité.



