À peine quelques jours après la signature d'un protocole d'accord historique le 17 juin, la trêve entre les États-Unis et l'Iran vacille déjà. Washington et Téhéran s'accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu, ravivant les tensions dans le détroit d'Ormuz, voie de transit énergétique cruciale.
Frappes américaines et ripostes iraniennes
Vendredi, l'armée américaine a mené des frappes ciblées en Iran contre des sites de drones, de missiles et de radars côtiers, les premières connues depuis la signature de l'accord. Ces frappes répondaient à l'attaque d'un cargo dans le détroit d'Ormuz la veille. Donald Trump a fustigé une « violation stupide » du cessez-le-feu par l'Iran, tandis que le vice-président JD Vance a rappelé que « la violence n'engendrera que la violence ».
En réaction, Téhéran a dénoncé une « violation flagrante » du protocole. Les Gardiens de la Révolution ont bombardé des positions américaines dans le Golfe, menaçant d'une riposte plus large en cas de récidive. Selon des sources officielles iraniennes, ces actions visent à défendre la souveraineté nationale.
Le trafic maritime mondial sous tension
Le détroit d'Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial, est redevenu une zone de tous les dangers. Un pétrolier y a été endommagé samedi par un projectile, tandis que Bahreïn accuse Téhéran de « sabotage des efforts de paix » après avoir été visé par des drones. La télévision iranienne a rapporté vendredi soir une explosion sur un quai de Sirik (sud) et des tirs d'avertissement contre des « navires en infraction ».
Malgré ces incidents, le trafic maritime s'est poursuivi dans le détroit, rouvert par l'Iran après le protocole d'accord. Plusieurs bateaux ont emprunté un trajet non approuvé par Téhéran, bien que l'autorité maritime iranienne ait averti que « tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé ».
L'Organisation maritime internationale (OMI) a dû suspendre temporairement l'évacuation des 600 navires et 11 000 marins bloqués dans le Golfe, dans l'attente de nouvelles garanties de sécurité. Depuis mardi, quelque 2 500 marins et 115 navires ont été évacués, selon l'OMI.
Sur le front libanais, le Hezbollah rejette l'accord avec Israël
Parallèlement, l'accord-cadre de paix signé entre le Liban et Israël sous l'égide de Washington est déjà contesté. Le président libanais Joseph Aoun salue « une première étape sur la voie du rétablissement de la souveraineté de l'État », mais Naïm Qassem, chef du Hezbollah, a déclaré le texte « nul et non avenu », refusant le désarmement de sa milice prévu par le protocole.
De son côté, Benjamin Netanyahou a douché les espoirs de désescalade immédiate en prévenant que l'armée israélienne resterait dans le sud du Liban tant que le mouvement chiite ne serait pas désarmé. Samedi, Tsahal y a mené une nouvelle frappe à Nabatiyé, selon des sources militaires israéliennes.



