Les espoirs d'une résolution pacifique du conflit au Moyen-Orient semblent s'éloigner. Après des semaines d'affrontements, Donald Trump avait annoncé dans une lettre au Congrès le 1er mai que les États-Unis cesseraient leurs attaques contre l'Iran, laissant entendre une fin des hostilités. Cependant, deux jours plus tard, il déclarait que les forces américaines aideraient les navires bloqués dans le détroit d'Ormuz à franchir le passage toujours contrôlé par Téhéran. Cette opération, baptisée "Projet Liberté" et présentée comme humanitaire, serait appuyée par des destroyers lance-missiles, plus de 100 avions et 15 000 militaires.
Escalade immédiate des tensions
L'annonce a provoqué une vive réaction de l'Iran. Le président du parlement iranien, Ebrahim Azizi, a répondu sur X : "Le détroit d'Ormuz et le golfe Persique ne seront pas gérés par les publications délirantes de Trump !" Un général iranien a menacé de cibler tout navire américain tentant de pénétrer dans le détroit. Les hostilités n'ont pas tardé : l'agence iranienne Fars a affirmé qu'un navire américain avait été touché par deux missiles, information démentie par Washington. Les États-Unis ont annoncé que deux destroyers étaient entrés dans le Golfe pour briser le blocus, permettant à deux navires marchands de traverser. L'amiral Brad Cooper a confirmé des attaques sans dommages.
Incidents en cascade
L'Iran a envoyé six vedettes rapides à la poursuite des navires commerciaux, ouvrant le feu avant d'être détruites par les forces américaines. La Corée du Sud a signalé qu'un de ses navires avait été touché par une explosion dans la zone, incident attribué à l'Iran par Trump. Les Émirats arabes unis ont accusé l'Iran d'avoir attaqué un pétrolier vide par drones. Téhéran a menacé les Émirats, puis ces derniers ont intercepté 12 missiles balistiques, trois missiles de croisière et quatre drones. Le site pétrolier de Fujaïrah a été touché, provoquant un incendie. L'enseignement à distance a été rétabli aux Émirats, et Israël a décrété un état d'alerte élevé.
Selon la presse iranienne, les États-Unis auraient visé deux navires civils transportant des marchandises vers l'Iran, tuant cinq civils. Plusieurs péniches ont aussi pris feu dans le port iranien de Dayyer, sans cause établie.
Réactions internationales et dilemme de Trump
Emmanuel Macron a dénoncé les frappes iraniennes "injustifiées et inacceptables" et appelé à un "accord robuste". Keir Starmer a condamné l'attaque. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié le "Projet Liberté" de "Projet Impasse", estimant qu'il n'existe pas de solution militaire à une crise politique. Selon le Wall Street Journal, cette séquence est un test pour Trump, qui oscille entre punir sévèrement l'Iran sur le nucléaire et éviter une escalade majeure. Il n'a pas exclu de nouvelles frappes, déclarant : "D'une manière ou d'une autre, nous gagnons."



