Les avoirs iraniens gelés à l'étranger, estimés à plusieurs milliards de dollars, sont devenus un levier central dans les négociations entre les États-Unis et l'Iran. Alors que les discussions sur le programme nucléaire iranien reprennent, Washington utilise ces fonds bloqués comme moyen de pression pour obtenir des concessions de la part de Téhéran.
Un outil de pression stratégique
Depuis le retrait américain de l'accord nucléaire de 2015 et le rétablissement des sanctions, l'Iran a vu ses avoirs gelés dans plusieurs pays, notamment en Corée du Sud, au Japon et en Irak. Ces sommes, provenant principalement de ventes de pétrole, sont bloquées en raison des restrictions bancaires internationales. Pour les États-Unis, ces fonds représentent une monnaie d'échange précieuse dans les pourparlers.
Les enjeux des négociations
Les discussions actuelles portent sur le retour de l'Iran au respect de ses engagements nucléaires en échange d'une levée progressive des sanctions. Les avoirs gelés pourraient être débloqués par tranches, en fonction des avancées sur le terrain. Cette approche permet à Washington de maintenir une pression constante tout en offrant des incitations tangibles.
Pour Téhéran, ces fonds sont cruciaux pour soutenir une économie en difficulté. L'inflation galopante et la pénurie de devises étrangères rendent le dégel des avoirs indispensable. Cependant, les dirigeants iraniens insistent sur le fait que toute libération doit être inconditionnelle, ce qui complique les négociations.
Les réactions internationales
Les partenaires européens, signataires de l'accord nucléaire, soutiennent cette approche progressive. Ils estiment que le gel des avoirs offre un cadre flexible pour les négociations. En revanche, certaines voix critiques, notamment en Israël, dénoncent une concession dangereuse qui pourrait financer des activités hostiles de l'Iran dans la région.
Les experts soulignent que ce levier est à double tranchant. Si le dégel des fonds peut encourager la coopération iranienne, il risque aussi de renforcer le régime si les concessions ne sont pas suffisamment contrôlées. La transparence sur l'utilisation de ces fonds sera donc cruciale.
En attendant, les négociations se poursuivent dans un climat de méfiance mutuelle. Les avoirs gelés restent au cœur des échanges, symbolisant à la fois les tensions passées et les espoirs d'un compromis futur.



