Eva Belin se tourne vers le privé, le RN cite Giscard, et le Seignanx ostracise Ondres
Eva Belin vers le privé, Giscard au conseil, Seignanx sans Ondres

Notre rubrique Pignes et aiguilles du samedi 25 avril 2026. Pour Belin, l'entreprise c'est l'entreprise. Conseillère départementale, Eva Belin « développe aujourd'hui (sa) présence sur LinkedIn ». Écartée de la mairie d'Ondres et, de fait, de la Communauté de communes du Seignanx, l'ancienne maire et employée de l'Assurance maladie « souhaite mettre ses compétences au service d'entreprises du service privé, autour de projets de transformation et d'optimisation ».

La proposition de l'élue communiste faite au Grand capital se double de quelques informations permettant à Eva Belin de se définir comme une « dirigeante expérimentée » particulièrement capée pour manager « des organisations évoluant dans des environnements complexes ». C'était donc ça, son mandat de maire ?

Le monopole du cœur

On se serait presque cru en 1974, ce jeudi 22 avril, lors du Conseil municipal de Mont-de-Marsan. Avec, dans le rôle de Valéry Giscard d'Estaing, l'élu RN Nicolas Lerègle, et dans celui de François Mitterrand, le cinquième adjoint au maire, Alain Baché.

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Tout est parti d'une question du premier au sujet du Centre communal d'action sociale. « Le budget, qui était d'environ 1,7 million d'euros, va être porté à 2,3 millions puisqu'on ajoute le legs qui a été fait à la Ville (Francis Dospital, un habitant de Labenne, a légué 675 000 euros à huit communes landaises, dont Mont-de-Marsan). Pourquoi n'a-t-on pas fait le choix d'affecter cette somme pour réaliser des projets ? »

De quoi faire voir rouge à Alain Baché : « Vous et votre bon cœur social… », a-t-il lancé à Nicolas Lerègle, qui a répondu en citant la célèbre phrase de l'ancien président de la République : « Vous n'avez pas le monopole du cœur », tirade ponctuée par les applaudissements railleurs et les bravos de l'assemblée. La prochaine fois, aura-t-on droit aux gants de boxe posés sur les bureaux ?

Une ostracisation paradoxale

Le Seignanx a élu son nouveau président de Communauté de communes, le maire de Saint-Martin Julien Fichot. Une élection célébrée sous le signe de « l'unité », paraît-il. L'unité… sans la deuxième ville du territoire. Sur les 10 vice-présidences, aucune n'est revenue à Ondres.

S'il est plutôt cohérent, au vu des fortes divergences d'opinions politiques, que le maire Patrick de Casanove n'y figure pas, il apparaît surprenant que Murielle O'Byrne Castro, la candidate socialiste malheureuse qui siège à l'intercommunalité, n'ait pas de poste clé. Pour une majorité de gauche qui entend lutter contre l'extrême droite et ses logiques d'exclusion, ostraciser 6 500 habitants de la sorte en les privant d'un représentant dans l'exécutif est un véritable paradoxe.

Je marche seul… pour l'instant

Déjà un mois que Frédéric Dutin a été élu maire de Mont-de-Marsan, mais l'édile socialiste ne semble pas goûter la précipitation qui caractérise notre époque… du moins dans la composition de son cabinet ! Qui pour constituer sa garde rapprochée ? Des fidèles parmi les fidèles ? Des techniciens chevronnés ? Si le principal intéressé n'évoque pas le moindre nom, il fait volontiers la pédagogie de sa méthode. « Je donne l'impression d'être un bulldozer mais je prends mon temps », glisse-t-il en marge d'un rassemblement associatif. Et d'esquisser le portrait-robot du conseiller idéal : « Des personnes qui ont une capacité de travail et d'investissement, qui me maintiennent dans le réel et qui savent me dire quand je me trompe. » Un cabinet de six personnes, où « les courtisans » sont priés de miauler ailleurs. Fin du mercato : courant mai.

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