Les 100 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cœur des négociations
Avions iraniens gelés : enjeu clé des négociations

Le gouvernement iranien a réaffirmé sa position inflexible concernant le dégel de ses avoirs bloqués à l'étranger. Alors que Téhéran examine une nouvelle proposition de paix américaine, le ministère des Affaires étrangères insiste sur cette condition préalable à tout accord. Les avoirs iraniens, estimés entre 100 et 120 milliards de dollars, représentent près d'un quart du produit intérieur brut du pays.

Origine et localisation des fonds gelés

Ces sommes proviennent principalement des exportations d'hydrocarbures, mais aussi de revenus d'investissements immobiliers et de réserves de changes. La Chine, premier partenaire économique de l'Iran, détiendrait plus de 20 milliards de dollars de recettes pétrolières iraniennes. L'Irak et le Qatar abriteraient chacun six milliards de dollars. Les États-Unis, le Japon et le Luxembourg détiendraient des montants plus modestes, entre 1,6 et 2 milliards de dollars chacun.

Un outil de négociation américain

Depuis la Révolution islamique de 1979, les administrations américaines successives ont utilisé le gel des avoirs comme levier diplomatique. Les transactions internationales étant majoritairement en dollars, Washington peut les bloquer facilement. Comme le souligne Jonathan Piron, historien spécialiste de l'Iran, les pays détenteurs craignent des sanctions américaines s'ils débloquent ces fonds.

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Nécessité économique pour l'Iran

L'économie iranienne est exsangue. Fin avril, le gouvernement a estimé le coût de la reconstruction après-guerre à 270 milliards de dollars. Le dégel permettrait de stabiliser la monnaie nationale et de lutter contre l'inflation galopante, notamment sur les produits alimentaires. Selon Pierre Pahlavi, professeur au Collège des forces canadiennes, les dirigeants iraniens sont aux abois économiquement.

Contournement des sanctions

Pour échapper aux sanctions, Téhéran s'appuie sur la Chine. Avant la guerre, 80% de ses exportations pétrolières partaient vers l'Empire du Milieu, payées en yuan, évitant ainsi le dollar. En échange, le marché iranien est inondé de produits chinois. Cette relation asymétrique profite à la Chine, qui utilise l'Iran comme levier dans sa rivalité avec les États-Unis.

Perspectives de dégel

Les négociations directes à Islamabad n'ont pas abouti. Donald Trump exige que l'Iran renonce à l'arme nucléaire, tandis que Téhéran abandonne progressivement ses exigences sur l'enrichissement d'uranium pour se concentrer sur le dégel des avoirs et le contrôle du détroit d'Ormuz. Un précédent existe : en 2023, les États-Unis avaient dégelé six milliards de dollars de recettes pétrolières bloquées en Corée du Sud, transférés au Qatar à des fins humanitaires. Un dégel trop large pourrait toutefois permettre à l'Iran de reconstituer ses capacités sécuritaires, prévient Pierre Pahlavi.

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