Al Jazira rejette les accusations israéliennes contre son journaliste tué à Gaza
Al Jazira rejette les accusations israéliennes contre son journaliste

La chaîne qatarie Al Jazira a fermement rejeté, samedi 21 juin, les accusations israéliennes selon lesquelles son journaliste Ahmed Washah, tué par une frappe israélienne dans la bande de Gaza, serait un agent du Hamas. Dans un communiqué, la direction de la chaîne a qualifié ces allégations de « mensongères et dénuées de fondement », affirmant qu'elles visaient à « justifier un meurtre délibéré ».

Les faits et les circonstances du décès

Ahmed Washah, journaliste palestinien de 32 ans, a été tué le 19 juin dans la ville de Gaza, alors qu'il couvrait les conséquences d'une frappe israélienne sur un immeuble résidentiel. Selon des témoins, il portait un gilet pare-balles marqué « Presse » et se trouvait à une distance considérable du site de l'impact. L'armée israélienne a affirmé avoir visé un « terroriste » qui utilisait la couverture de journaliste pour mener des activités hostiles, sans fournir de preuves immédiates. Al Jazira a dénoncé une « exécution extrajudiciaire » et a appelé la communauté internationale à enquêter.

Réactions et conséquences

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a recensé au moins 145 journalistes tués dans le conflit à Gaza depuis octobre 2023, dont 130 Palestiniens. « Chaque fois qu'un journaliste est tué, les autorités israéliennes avancent des accusations sans preuves », a déclaré Sherif Mansour, coordinateur du CPJ pour le Moyen-Orient. « Ces allégations visent à dissuader la couverture médiatique et à criminaliser le journalisme. »

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La famille d'Ahmed Washah a également rejeté les accusations, son frère aîné déclarant : « Ahmed était un journaliste dévoué, il n'avait aucun lien avec des groupes armés. Israël cherche à salir sa mémoire pour échapper à ses responsabilités. »

Impact sur le journalisme de guerre

Cet incident s'inscrit dans une escalade de violences contre les médias à Gaza. Selon Reporters sans frontières (RSF), au moins 25 journalistes ont été tués par des frappes israéliennes depuis le début de l'offensive, dont plusieurs alors qu'ils exerçaient leur métier. L'organisation a déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes de guerre » présumés contre des journalistes.

Al Jazira, qui a perdu plusieurs de ses reporters dans le conflit, maintient que ses journalistes respectent les principes du journalisme impartial. La chaîne a annoncé qu'elle poursuivrait ses actions en justice contre Israël pour ce qui constitue, selon elle, un « assassinat ciblé ». Le gouvernement israélien n'a pas commenté ces accusations, mais a réitéré sa position selon laquelle le Hamas utilise des infrastructures civiles, y compris des médias, à des fins militaires.

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