Un accord en vue entre l'Iran et les États-Unis
Jamais une issue au conflit avec l'Iran n'a semblé aussi proche. « Un accord a été largement négocié et reste à finaliser » entre les États-Unis et l'Iran, a écrit samedi soir Donald Trump sur son réseau Truth Social. Un accord « se rapproche grandement », avait-il plus tôt annoncé, alors que Téhéran allait dans son sens, évoquant « une tendance au rapprochement ». Le Parisien fait le point sur les différents enjeux de l'accord.
Le détroit d'Ormuz au cœur des négociations
Le détroit d'Ormuz est aujourd'hui un enjeu majeur. Son blocage, depuis le début de la guerre il y a presque trois mois, freine l'économie mondiale et fait monter les prix du pétrole et donc des carburants. Selon Donald Trump, l'accord négocié prévoit sa réouverture. Sous quelles conditions ? Mystère pour le moment.
Le nucléaire iranien absent des discussions
Donald Trump avait fait de la récupération de l'uranium enrichi iranien son principal combat pour l'empêcher de produire une bombe nucléaire, projet dans lequel il voyait une menace majeure pour le monde. Mais selon Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, la question du nucléaire ne fait pas partie « à ce stade » des discussions. Ce qui laisse penser que cet accord pourrait ouvrir la voie à de nouvelles négociations, comme le laisse entendre CBS News ce samedi soir, évoquant une période de 30 jours.
Dégel des avoirs iraniens
Selon CBS News, la dernière proposition en date prévoit également le dégel d'avoirs iraniens, sous embargo américain. Il s'agit de dizaines de milliards de dollars à travers le monde dont le régime pourrait profiter pour reconstruire le pays, les infrastructures endommagées, mais aussi potentiellement se réarmer. À condition, donc, de pouvoir y toucher. L'Iran en avait fait une condition obligatoire à tout accord avec les États-Unis.
Un accord, mais une défaite pour Donald Trump ?
En l'état, si l'accord signé n'allait pas au-delà, il s'agirait d'une défaite pour Donald Trump qui n'aurait rien obtenu — pour l'heure — sur le nucléaire, résumait samedi auprès du Parisien Ulrich Bounat, analyste géopolitique. Le président américain avait également dit sa volonté de voir le régime renversé (il avait aussi appelé le peuple à se soulever), ce qui n'est le cas — même si lui estime qu'il a changé dans la mesure où de nombreux dirigeants ont été tués.
Consultations avec les alliés
Donald Trump a échangé samedi soir avec les acteurs de la région, dont son allié dans le conflit, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Donald Trump a également échangé avec Emmanuel Macron. Le président français avait conjointement avec Londres et d'autres pays préparé une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz si jamais un feu vert de l'Iran était donné. Le porte-avions « Charles de Gaulle » a notamment été mobilisé en amont. On ignore si cela a été évoqué.
Une percée après des semaines de blocage
Cette percée dans les négociations est intervenue après des semaines de blocages et de menaces — mais avec un cessez-le-feu, en vigueur depuis le 8 avril, sensiblement respecté. Encore samedi, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait promis une réponse « écrasante » si les États-Unis reprenaient leur guerre contre l'Iran, alors que le bruit courait dans les médias américains que Donald Trump envisageait de nouvelles frappes.



