Le gouvernement américain a officialisé, jeudi, une nouvelle étape de sa politique migratoire en publiant un document administratif qui prévoit de réduire la durée de séjour autorisée pour les étudiants et les journalistes étrangers. Sauf blocage du Congrès, ces nouvelles règles entreront en vigueur dans un délai de 60 jours après leur publication attendue vendredi au registre fédéral.
Des durées de séjour drastiquement réduites
Les titulaires d’un visa étudiant ne pourront plus rester plus de quatre ans aux États-Unis, alors que les journalistes étrangers seront désormais limités à des séjours de 240 jours, renouvelables pour des périodes identiques. Les journalistes chinois seront soumis à un régime plus strict, avec des visas plafonnés à 90 jours. Jusqu’à présent, les étudiants bénéficiaient d’un visa couvrant la durée de leur programme et les journalistes pouvaient obtenir une autorisation de cinq ans.
Reporters sans Frontières indigné par cette décision
Cette réforme, proposée dès l’an dernier et soumise depuis à une phase de consultations, concernera les journalistes accrédités auprès de centaines de médias étrangers présents aux États-Unis. Une centaine d’organisations de presse, dont l’AFP, avaient estimé dans une lettre ouverte qu’elle « amoindrirait la quantité et la qualité de la couverture » de l’actualité américaine.
Reporters sans Frontières (RSF) s’est dit « indignée » par cette décision, estimant qu’elle risque de « priver les journalistes internationaux de la possibilité de couvrir l’actualité depuis les États-Unis et rend extrêmement difficile, voire impossible, le fonctionnement des médias internationaux sur le territoire américain ». L’organisation ajoute que « le cycle incessant des renouvellements de visa restreint la liberté de la presse » et parle d’une « violation directe » de la liberté d’expression et de la presse, tout en appelant le Congrès à intervenir.
Une nouvelle escalade de l’administration Trump
L’association CPJ, qui défend les journalistes, considère de son côté que cette mesure constitue « la dernière escalade en date » du gouvernement de Donald Trump, après « une série de violations de la liberté de la presse profondément inquiétantes ». Elle estime qu’il s’agit « du comportement d’une démocratie en déclin, pas du pays aux avant-gardes de la liberté de la presse à l’international ».
Justification du gouvernement américain
Pour justifier cette évolution, le ministère de la Sécurité intérieure évoque une « augmentation significative » du nombre d’étudiants et de journalistes bénéficiant de ces visas ces dernières années. Selon lui, cette situation « représente un défi pour la capacité du (ministère) à surveiller et à contrôler ces non-immigrants pendant leur séjour aux États-Unis ». Le ministère indique avoir recensé plus de 1,8 million d’entrées sous visa étudiant en 2024, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente.



