Gilbert Péréa, collaborateur du maire Dorian Munoz et président de la Maison des réfugiés européens et rapatriés d’Afrique du Nord, défend un projet ambitieux : ouvrir un centre culturel franco-ukrainien rue Franchipani à La Seyne-sur-Mer à l’horizon 2027. L’objectif est d’accueillir des réfugiés ukrainiens pour redynamiser le centre-ville en créant une nouvelle mixité sociale.
Un parallèle avec les Pieds-noirs
« Il y a un parallèle entre les Pieds-noirs qui ont tout abandonné derrière eux en 1962 et les réfugiés ukrainiens, femmes, enfants, personnes âgées qui fuient la guerre dans leur pays », explique Gilbert Péréa, qui a vécu quatre ans et demi en Ukraine, à Kiev et dans l’oblast de Jytomyr, où il avait créé des restaurants français et une boulangerie.
Son association a déjà organisé l’accueil de 49 réfugiés à Bandol en mars-avril 2022, hébergés dans l’ancienne gendarmerie de Bandol. « Avec mon association nous les avons aidés à trouver du travail. Il y avait 24 personnes en âge de travailler (avec 19 mineurs et 6 retraités). Une quinzaine a occupé un emploi, générant une masse salariale (charge comprise) de 24 000 euros par mois », précise-t-il.
Des emplois peu valorisants mais une dynamique économique
Les emplois occupés étaient souvent peu valorisants en raison de la barrière de la langue : « Une architecte travaillait dans un restaurant et une avocate était femme de ménage dans un hôtel. » Ces réfugiés, qui appartenaient à la classe moyenne supérieure en Ukraine, se sont depuis dispersés vers d’autres pays d’Europe, « réputés plus accueillants que la France », selon Gilbert Péréa.
Malgré cela, il ne lâche rien et déposera son projet (qui n’avait pas abouti en 2023) à la préfecture à la rentrée et le défendra devant la Société d’aménagement et de gestion publique (Sagep).
Un centre culturel avec guichet unique
« Aujourd’hui on compte 50 000 réfugiés ukrainiens en France, contre 120 000 au début de la guerre. Dans le Var, ils sont entre 2 000 et 3 000 », estime Gilbert Péréa. « Le centre culturel franco-ukrainien, doté d’un guichet unique apte à prendre en considération les situations d’urgence, sera un lieu d’accueil et également d’aide à l’alphabétisation. »
L’un des enjeux est la redynamisation du centre-ville : « Des commerçants pourront reprendre une boutique et exercer leur métier, d’autres pourront travailler dans des secteurs en tension, comme l’aide à la personne par exemple. C’est une population qui travaillera et payera des loyers », défend le président d’association, qui s’appuie sur les exemples de l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne, « un pays où ils sont deux millions et où on leur propose de prendre la nationalité ».
80 réfugiés à La Seyne, objectif doubler
L’association fédère une quarantaine d’Ukrainiens très actifs sur les réseaux sociaux. Il y aurait 80 réfugiés à La Seyne. L’objectif est de doubler ce nombre pour dessiner une nouvelle mixité sociale.
Un nouveau jumelage avec Tchornomorsk
Gilbert Péréa défend également l’idée d’un nouveau jumelage entre La Seyne et Tchornomorsk, une ville portuaire de 100 000 habitants dans la banlieue d’Odessa. « C’est une ville portuaire d’où appareillent des bateaux chargés de blé et qui ressemble un peu à La Seyne », souligne-t-il. Il précise qu’il n’est pas question d’abandonner Berdiansk, jumelée avec La Seyne depuis 1973 et aujourd’hui sous occupation russe. « C’est une zone de guerre avec laquelle tous les contacts ont été rompus », déplore-t-il. Avec la fin du conflit, il voit se profiler le grand boom économique de la reconstruction et se dit prêt à aider d’éventuels investisseurs varois.



