Un courriel du Pentagone sème la discorde au sein de l'alliance
Un courriel interne du ministère américain de la Défense, dévoilé par Reuters le 24 avril, expose les frustrations de Washington envers ses alliés de l'Otan, en particulier l'Espagne, pour leur manque de soutien dans la guerre contre l'Iran. Ce message, rédigé par le conseiller politique du Pentagone Elbridge Colby, envisage plusieurs options de sanctions, dont la suspension de Madrid de l'alliance atlantique.
L'Espagne dans le viseur de Donald Trump
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est imposé comme une voix critique contre les hostilités au Moyen-Orient, refusant notamment aux États-Unis l'utilisation de bases militaires en Andalousie pour des frappes aériennes. Cette position a provoqué la colère de Donald Trump, qui a menacé de cesser tout commerce avec l'Espagne et exige une augmentation des dépenses de défense espagnoles conformément aux engagements de l'Otan.
Interrogé à Nicosie, Pedro Sánchez a tenté de rassurer : "L'Espagne est un partenaire fiable au sein de l'Otan et nous remplissons nos obligations." Il a toutefois minimisé l'importance du courriel, affirmant travailler sur des documents officiels et non sur des fuites.
Le Royaume-Uni également sous pression
Les États-Unis pourraient également revoir leur position sur les îles Malouines, administrées par le Royaume-Uni mais revendiquées par l'Argentine, alliée de Trump. Un porte-parole du département d'État a indiqué que Washington reste neutre sur la souveraineté de l'archipel, tout en reconnaissant l'administration de facto britannique.
Le Pentagone assume ses critiques
La porte-parole du Pentagone, Kingsley Wilson, a confirmé que "le ministère de la Guerre fera en sorte que le président ait à sa disposition des options crédibles pour que nos alliés ne soient plus des tigres de papier". Elle a déploré le manque de soutien des alliés lors de l'offensive contre l'Iran, sans toutefois se prononcer spécifiquement sur le cas de l'Espagne.
Réactions européennes : entre unité et sursaut
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a appelé à l'unité de l'Otan, soulignant que l'alliance est un atout à préserver. De son côté, Emmanuel Macron a prôné un "sursaut" européen face à un "moment unique" où les présidents américain, russe et chinois sont "farouchement opposés aux Européens". Il a insisté sur la nécessité pour l'UE de devenir une "vraie puissance" géopolitique, tout en rappelant que Trump reste un "allié", bien que peu fiable.
Cette crise intervient alors que l'Otan mène l'exercice militaire Orion-26 dans l'est de la France et que la secrétaire générale déléguée de l'alliance a rencontré des représentants de l'UE pour coordonner le soutien à l'Ukraine. Les tensions avec Washington pourraient toutefois compromettre ces efforts de coopération.



