Le fait du jour : l'UE freine sur l'adhésion de l'Ukraine
Aider l'Ukraine en lui donnant des armes et de l'argent, oui. Mais l'intégrer, pas encore. Réunis à Chypre, les dirigeants de l'Union européenne ont tempéré les ardeurs de Volodymyr Zelensky qui les presse d'admettre l'Ukraine dans leur cercle. « Il est clair pour tout le monde qu'une adhésion immédiate de l'Ukraine à l'UE n'est bien sûr pas possible », a résumé le chancelier allemand Friedrich Merz. L'adhésion est « un processus long, très difficile, mais nous ne pouvons pas essayer de fixer des échéances artificielles en disant que ce sera dans trois mois ou dans dix ans », a souligné de son côté Antonio Costa, le président du Conseil européen, rappelant que son propre pays, le Portugal, avait négocié pendant « neuf ans ».
Friedrich Merz suggère toutefois de « permettre une intégration plus étroite au sein des institutions européennes, par exemple par la participation aux sommets européens … sans droit de vote ». Une hypothèse balayée par le président ukrainien qui ne veut pas de simples « avantages symboliques ».
La déclaration du jour : Tusk ironise sur l'absence de la Russie
« Pour la première fois depuis des années, il n'y avait pas de Russes dans la salle, si vous voyez ce que je veux dire. » L'ironie mordante du Premier ministre polonais à son arrivée au sommet européen de Chypre. Une façon pour Donald Tusk de saluer l'absence autour de la table du pro-russe Viktor Orban, battu aux élections hongroises après seize ans de règne. Ces dernières semaines, la presse a révélé que le ministre hongrois des Affaires européennes communiquait instantanément au Kremlin les discussions et les documents des réunions de l'Union européenne.
Le chiffre du jour : 193 prisonniers échangés
193. Le nombre de prisonniers de guerre de chaque camp échangés ce vendredi entre Kiev et Moscou, grâce à la « médiation » des Émirats arabes unis et des États-Unis de Donald Trump.
La tendance : un officier ukrainien relevé pour négligence
Un officier ukrainien a été relevé de ses fonctions et un autre dégradé après que des soldats engagés sur le front ont été durablement laissés sans nourriture ni eau. Ce sont des photos qui ont mis le feu aux poudres et déclenché une vague d'indignation. Postées mardi par une internaute sur Facebook, elles montrent des hommes, torse nu, hirsutes et émaciés. La lanceuse d'alerte a aussi relayé les propos d'un combattant évoquant des « retards incessants » dans les livraisons d'eau, d'aliments et de carburant depuis sept mois.
L'état-major de l'armée ukrainienne a en conséquence annoncé avoir relevé de ses fonctions l'officier commandant la 16e Brigade mécanisée et dégradé celui qui était à la tête du 10e Corps d'armée, les accusant d'avoir « dissimulé la situation réelle ». L'unité concernée combat autour de la rivière d'Oskil dans la région de Koupiansk, ville-clé du nord-est, l'un des secteurs où les affrontements avec l'armée russe sont parmi les plus intenses.



