Pourquoi Donald Trump malmène les alliés des États-Unis
Trump malmène les alliés : les raisons de la stratégie

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a adopté une ligne dure envers les alliés historiques des États-Unis, exigeant une augmentation significative de leurs contributions financières à la défense commune. Cette approche, perçue comme une rupture avec les décennies de multilatéralisme américain, repose sur une conviction centrale : les partenaires des États-Unis doivent payer davantage pour leur propre sécurité.

Une remise en cause du modèle de l'OTAN

Lors du sommet de l'OTAN à Bruxelles en juillet 2018, Donald Trump a vivement critiqué les pays membres qui ne consacrent pas 2 % de leur PIB à la défense, comme convenu lors du sommet du pays de Galles en 2014. Selon des données officielles, seuls 8 des 29 membres de l'Alliance atteignaient cet objectif à l'époque. Le président américain a menacé de réduire l'engagement militaire des États-Unis si ces pays ne respectaient pas leurs engagements. Cette pression a conduit à une augmentation des dépenses de défense de plusieurs membres, notamment l'Allemagne, qui a promis de porter son budget militaire à 1,5 % de son PIB d'ici 2024.

Une stratégie commerciale agressive

Sur le plan commercial, Donald Trump a imposé des droits de douane sur l'acier et l'aluminium en provenance de l'Union européenne, du Canada et du Mexique, arguant que ces mesures étaient nécessaires pour protéger la sécurité nationale américaine. En 2018, les exportations d'acier de l'UE vers les États-Unis ont chuté de 28 % après l'instauration de ces taxes. Le Canada a riposté en imposant des droits de douane sur 16,6 milliards de dollars de produits américains, tandis que l'UE a ciblé 2,8 milliards d'euros de biens symboliques, comme le bourbon et les motos Harley-Davidson. Selon l'ancien secrétaire au Commerce Wilbur Ross, ces mesures visaient à « rééquilibrer les échanges commerciaux et à défendre les industries américaines ».

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Un impact sur les relations transatlantiques

Les tensions provoquées par l'administration Trump ont fragilisé les relations transatlantiques. Un sondage du Pew Research Center réalisé en 2019 indiquait que seulement 33 % des Allemands et 27 % des Français avaient une opinion favorable des États-Unis, contre 60 % et 53 % respectivement sous l'administration Obama. Cette érosion de la confiance a eu des conséquences concrètes : l'UE a accéléré ses projets d'autonomie stratégique, notamment dans le domaine de la défense, avec le lancement de la Coopération structurée permanente (PESCO) en 2017. Selon Federica Mogherini, alors haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, « l'Europe doit prendre son destin en main ».

La question du partage du fardeau

Au cœur de la stratégie de Donald Trump se trouve la notion de « partage équitable du fardeau ». Le président américain a souvent répété que les États-Unis supportaient une part disproportionnée des coûts de la sécurité mondiale. En 2019, les États-Unis consacraient 3,4 % de leur PIB à la défense, soit environ 716 milliards de dollars, tandis que la moyenne des pays de l'OTAN était de 1,5 %. Selon des sources diplomatiques, cette pression a conduit à une augmentation des contributions de plusieurs alliés : le Canada a annoncé un plan de 20 milliards de dollars canadiens sur 20 ans pour moderniser ses forces armées, et le Royaume-Uni a maintenu son engagement à 2 % du PIB.

En conclusion, la politique de Donald Trump envers les alliés des États-Unis reflète une volonté de redéfinir les termes des alliances traditionnelles, en mettant l'accent sur les intérêts nationaux américains. Cette approche a provoqué des tensions mais a également conduit à une augmentation des dépenses de défense de plusieurs partenaires, tout en accélérant les discussions sur l'autonomie stratégique européenne.

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