L'été 2026 s'avère particulièrement difficile pour le président américain Donald Trump. Alors que la saison des primaires bat son plein depuis juin pour désigner les candidats aux élections de mi-mandat prévues en novembre, les électeurs républicains ont rejeté dix candidats soutenus par le dirigeant pour des postes à l'échelle d'un État ou pour le Congrès. Selon une analyse de CNN, ce nombre est égal à celui des candidats battus lors des primaires de 2018, 2020 et 2024 réunies. Il se rapproche également du record de douze candidats soutenus par Trump défaits lors des primaires de 2022.
Une série de défaites emblématiques
Mardi 18 août, dans la 19e circonscription de Floride, la question de l'influence de Donald Trump s'est de nouveau posée après la défaite de Catalina Lauf, une proche du mouvement Make America Healthy Again (Maha). Elle s'est inclinée face au magnat des médias locaux, Jim Schwartzel, malgré le soutien du président. L'appui de Donald Trump n'a pas non plus suffi à maintenir à flot le représentant Cory Mills de Floride, dont la campagne de réélection s'est enlisée sur fond d'enquêtes concernant son comportement envers des femmes. Après cette défaite, survenue mercredi, le président a tenté sur Truth Social de sauver la face en assurant qu'il avait tenté de convaincre Cory Mills de se retirer de la course, sans y parvenir.
Au total, sur les près de 300 000 personnes qui se sont déplacées aux urnes, seulement 28 % d'entre elles ont voté pour les candidats que Donald Trump leur avait recommandés. Ce chiffre illustre l'érosion de son emprise sur l'électorat républicain.
Une situation qui pourrait empirer
La situation pourrait encore s'aggraver au cours des prochaines semaines, après la prestation très critiquée de Darline Graham, candidate à l'élection sénatoriale partielle de Caroline du Sud la semaine prochaine. Lors d'un débat contre son adversaire au second tour, le représentant Ralph Northam, la candidate soutenue par Donald Trump a reconnu qu'elle n'était « pas très informée sur les questions de sécurité nationale », avant de répondre de manière embarrassée à une question lui demandant si Taïwan constituait un enjeu de sécurité nationale pour les États-Unis.
Si Darline Graham venait à perdre, elle ne serait que la quatrième candidate soutenue par Trump à perdre une primaire sénatoriale, après Luther Strange en Alabama en 2017, Evan Jenkins en Virginie-Occidentale en 2018 et Trent Staggs dans l'Utah en 2024. Donald Trump se rendra tout de même à ses côtés vendredi à Myrtle Beach, en Caroline du Sud, pour faire campagne et convaincre les électeurs de lui donner une chance.
Une impopularité historique
Ces résultats témoignent, en filigrane, de l'extrême impopularité du président américain depuis la guerre en Iran et le flou des objectifs souhaités par son administration en s'engageant dans ce conflit. Un sondage de CNN publié le 29 juillet démontrait que la cote de popularité globale du président américain s'établissait à 34 %, soit son plus faible niveau depuis son arrivée au pouvoir, à égalité avec le score enregistré à la fin de son premier mandat, après l'assaut du Capitole. Seul un Américain sur trois soutient aujourd'hui le conflit contre Téhéran.
Malgré ces défaites, Donald Trump a aussi obtenu quelques victoires dans certains États clés où l'issue du scrutin est particulièrement disputée. En Arizona, le représentant Andy Biggs, un allié de longue date, a largement battu un républicain plus modéré. Dans le Michigan, le candidat choisi par le président pour le poste de gouverneur, John James, affrontera en novembre Jocelyn Benson, la secrétaire d'État du Michigan. Ces succès prouvent que le dirigeant conserve encore une influence sur son parti, même si son emprise s'est relâchée.



