Les Émirats arabes unis quittent l'Opep pour leur stratégie énergétique
Émirats arabes unis : retrait surprise de l'Opep

Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi leur retrait surprise de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) au nom de leur « intérêt national », marquant un revers pour l'alliance déjà ébranlée par la guerre au Moyen-Orient. Le pays du Golfe, qui figure parmi les plus grands producteurs au monde, quittera le groupe mené par Ryad et l'alliance Opep + comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a indiqué l'agence de presse officielle Wam.

Une décision stratégique

« Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Émirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale », a indiqué l'agence de presse officielle Wam. Les Émirats, qui ont rejoint le cartel en 1967, ont « apporté des contributions importantes et consenti des sacrifices encore plus grands dans l'intérêt de tous. Mais le moment est venu de concentrer nos efforts sur ce que dicte notre intérêt national », a-t-elle ajouté.

L'Opep réduite à 12 membres

Fondée en 1960, l'Opep, qui réunit désormais 12 membres sous la houlette de Ryad, a noué en 2016 une alliance avec dix autres pays, dont Moscou, sous la forme d'un accord appelé Opep +, dans l'optique de limiter l'offre et de soutenir les cours face aux défis posés par la concurrence américaine. Après le départ du Qatar en 2019, puis de l'Équateur et de l'Angola, l'annonce d'Abou Dhabi crée la surprise même si le pays, désireux de produire plus, avait fait entendre une voix dissonante au sein du groupe ces dernières années. Il avait d'ailleurs reçu un traitement de faveur pour augmenter ses quotas de production davantage que les autres.

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Contexte de tensions

Les Émirats figurent parmi les pays plus touchés par les attaques menées par l'Iran en représailles à l'offensive israélo-américaine lancée le 28 février contre la République islamique. Le conflit a provoqué une quasi fermeture du détroit d'Ormuz par lequel transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial, faisant flamber les cours. Compte tenu de la situation actuelle dans le détroit, les Émirats arabes unis ne souhaitent pas être soumis à des quotas une fois qu'elle sera revenue à la normale, selon une source proche du ministère de l'Énergie.

Un affaiblissement de l'Opep

Pour Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, ce retrait signe un tournant majeur pour l'Opep. « Avec l'Arabie saoudite, c'est l'un des rares membres à disposer d'une capacité de réserve significative, c'est le mécanisme par lequel le groupe exerce son influence sur le marché », dit-il à l'AFP. Si les effets risquent d'être limités à court terme, compte tenu des perturbations actuelles liées à la guerre, « cela se traduira à plus long terme par un affaiblissement structurel de l'Opep », estime-t-il. Selon lui, les Émirats pourraient ainsi être tentés d'augmenter leur production, ce qui soulèverait « des questions quant à la pérennité du rôle de l'Arabie saoudite, laissant entrevoir un marché pétrolier potentiellement plus volatil ». Avant le conflit au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis figuraient au quatrième rang des 22 producteurs de l'Opep +, derrière l'Arabie saoudite, la Russie et l'Irak, avec environ 3,5 millions de barils par jour.

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