La guerre en Ukraine continue de diviser les dirigeants européens. Emmanuel Macron et António Costa, Premier ministre portugais, se sont affrontés verbalement sur la conduite à tenir face à Moscou. Alors que Paris prône un dialogue avec Vladimir Poutine, Lisbonne insiste sur une ligne dure.
Des visions irréconciliables
Lors d'une réunion à Bruxelles, les deux hommes ont échangé des propos vifs. Macron a défendu la nécessité de maintenir un canal de communication avec le Kremlin, tandis que Costa a qualifié cette approche de naïve. « Ce n'est pas le moment de discuter avec un agresseur », a lancé le socialiste portugais.
Cette querelle intervient alors que l'Union européenne tente de présenter un front uni. Depuis le début de l'invasion russe, les Vingt-Sept ont adopté plusieurs paquets de sanctions. Mais les divergences stratégiques refont surface à chaque sommet.
La position française
Emmanuel Macron estime que l'Europe doit garder une porte ouverte à la négociation, même en temps de guerre. « Il faut parler à tout le monde, y compris à ceux avec qui nous sommes en désaccord », a-t-il déclaré. Cette position a déjà été critiquée par plusieurs alliés, notamment les pays baltes et la Pologne.
Pour Paris, l'objectif est d'éviter une escalade incontrôlée et de préparer l'après-conflit. La France craint également que l'isolement total de la Russie ne pousse Moscou à des alliances plus dangereuses, notamment avec la Chine.
La ligne dure portugaise
António Costa, lui, refuse toute concession. « On ne négocie pas avec un agresseur sous les bombes », a-t-il martelé. Le Portugal, qui a condamné fermement l'invasion, soutient l'idée d'un tribunal international pour juger les crimes de guerre russes.
Cette fermeté est partagée par les pays d'Europe centrale et orientale. Pour eux, toute discussion avec Poutine revient à légitimer son régime. Ils réclament davantage d'aide militaire à l'Ukraine, y compris des armes lourdes.
Un conflit qui fragilise l'UE
Ces tensions internes pourraient affaiblir la position européenne sur la scène internationale. Les États-Unis observent ces divisions avec inquiétude, eux qui insistent sur la nécessité d'une réponse unie face à la Russie.
De son côté, l'Ukraine suit ces débats de près. Kiev a besoin d'un soutien sans faille de ses alliés. Les hésitations européennes pourraient être exploitées par la propagande russe, qui mise sur la lassitude des opinions publiques occidentales.
Alors que la guerre s'enlise, l'Europe devra trouver un équilibre entre fermeté et diplomatie. La bataille entre Macron et Costa illustre les dilemmes auxquels le continent est confronté. L'unité reste plus que jamais un défi.



