Le Jury électoral national (JNE) du Pérou a officiellement proclamé, samedi 3 juillet, Keiko Fujimori comme présidente élue du pays. Cette annonce met un terme à plusieurs semaines de tensions et de contestations après le second tour de l'élection présidentielle du 6 juin. Keiko Fujimori, candidate de la droite populiste, a obtenu 50,12 % des suffrages exprimés, soit 8 835 579 voix, contre 49,88 % pour son rival de gauche, Pedro Castillo, qui a recueilli 8 792 117 voix.
Une proclamation attendue dans un climat tendu
La proclamation officielle intervient après que le JNE a rejeté les dernières contestations de Pedro Castillo, qui dénonçait des irrégularités dans le dépouillement. Le processus a été marqué par des manifestations des deux camps, avec des heurts sporadiques entre partisans. Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, emprisonné pour crimes contre l'humanité, a promis de « gouverner pour tous les Péruviens » dans son premier discours après la proclamation.
Les détails du scrutin
Selon les chiffres officiels du JNE, la participation électorale a été de 70,5 % sur les 25 millions d'électeurs inscrits. L'écart entre les deux candidats n'a été que de 43 462 voix, soit 0,24 % des suffrages exprimés, ce qui en fait l'une des élections les plus serrées de l'histoire du Pérou. Le JNE a validé les résultats après avoir examiné les procès-verbaux de 100 % des bureaux de vote, confirmant la victoire de Fujimori.
Réactions et perspectives
Pedro Castillo a refusé de reconnaître les résultats, dénonçant un « système électoral truqué ». Dans un communiqué, il a appelé ses partisans à rester « vigilants » mais sans appeler à des actions violentes. La communauté internationale, notamment les États-Unis et l'Union européenne, a félicité Keiko Fujimori et appelé à l'apaisement. « Le Pérou a parlé, et nous respectons sa décision », a déclaré un porte-parole du département d'État américain.
Les défis du nouveau gouvernement
Keiko Fujimori devra faire face à une opposition farouche au Congrès, où son parti, Force populaire, ne dispose que d'une majorité relative. Elle a promis de lutter contre la corruption, de relancer l'économie et de renforcer la sécurité. Cependant, son mandat est entaché par les accusations de corruption qui pèsent sur elle dans l'affaire Odebrecht, qu'elle a toujours niées. Les analystes prévoient une période de forte polarisation politique.
Le nouveau gouvernement prendra ses fonctions le 28 juillet, date de la fête nationale péruvienne. Keiko Fujimori a déjà annoncé la composition de son cabinet, qui comprendra des technocrates et des alliés politiques, dans l'espoir de rassembler un pays divisé.



