Iran : la vie après la guerre ? L'argent pour acheter le silence
Iran : la vie après la guerre ? L'argent pour acheter le silence

En Iran, la vie comme avant la guerre ?

Notre chroniqueuse Mémona Hintermann s'interroge sur l'avenir de l'Iran après le conflit. La communauté iranienne de Montpellier exprime son inquiétude pour le sort de la population civile, rapporte Midi Libre.

L'argent va-t-il adoucir la vie des Iraniens et acheter leur silence ? Depuis le début de l'année, le régime des mollahs a exécuté plus de 700 opposants. L'ex-grand reporter Mémona Hintermann livre son analyse.

Donald Trump a choisi de sortir du piège de sa guerre d'une manière inattendue, sans capituler, en lâchant les Israéliens et en concédant à ses ennemis islamistes. Cette volte-face spectaculaire a surpris tout le monde, sauf les Iraniens, qu'ils soient du cercle du pouvoir ou civils.

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Un pactole de 300 milliards de dollars

Dès mars, après les premiers bombardements, les Iraniens aspirant à la liberté ont compris que la guerre américaine ne serait pas la leur : aucune illusion sur les États-Unis. Aujourd'hui, une hypothèse circule : l'argent va adoucir la vie. Un pactole de 300 milliards de dollars sera alloué par le Trésor américain et les pays du Golfe pour reconstruire le pays. S'ajoutent les avoirs iraniens gelés dans les banques des Émirats, du Qatar et d'Arabie saoudite, ainsi que les revenus pétroliers libérés des sanctions.

Dans le scénario le plus optimiste, le régime aménagera quelques soupapes pour éviter l'effet cocotte-minute. Ces masses d'argent, que les mollahs et les Gardiens de la Révolution utiliseront à leur profit, ruisselleront en partie sur la population. Acheter le silence est une méthode éprouvée, comme en Chine ou en Russie avant la guerre en Ukraine.

Exécutions et répression

La paupérisation de l'Iran sous sanctions internationales a en partie expliqué les révoltes réprimées dans le sang. Avec cinq mille ans d'histoire, les héritiers des Perses savent qu'un changement de régime n'est pas viable à court terme.

Ce n'est pas un hasard si des femmes ont été photographiées à Téhéran, marchant tête nue en jeans. Ces images de l'AFP sont-elles le reflet d'une parenthèse éphémère ? Si l'économie offre un peu d'air et d'espoir dans les mois à venir, cela ne signifie pas que les durs du régime baissent la garde. Actuellement, moins de deux jours s'écoulent entre l'arrestation d'un opposant et son exécution. Depuis janvier, plus de 700 personnes ont été exécutées par balle ou pendaison.

Nationalisme et football

Les fanatiques du régime ont dénoncé l'accord avec les États-Unis, qualifiant les négociateurs de traîtres. Il est trop tôt pour savoir comment le pays se remettra en route. Le nationalisme pourrait être le ciment utilisé par le régime. Les dirigeants, ayant montré leur capacité à résister à la plus grande puissance militaire, flatteront la fierté nationale, sentiment fort dans la psychologie iranienne.

Le Mondial de football est une aubaine : l'équipe iranienne, bien que stigmatisée par son éloignement au Mexique, a été l'occasion de faire l'éloge du peuple iranien. Depuis l'Antiquité, le pain et les jeux offrent des substituts à la quête de liberté, pour un temps difficile à mesurer.

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