Hongrie : les médias publics sommés de ne plus mentir
Hongrie : médias publics sommés de ne plus mentir

Un accord historique a été conclu en Hongrie entre la direction des médias publics et le syndicat des journalistes. Désormais, les journalistes des médias d'État ne seront plus contraints de diffuser des informations qu'ils savent être fausses. Cet accord, annoncé le 9 juillet 2023, marque une avancée significative pour la liberté de la presse dans un pays où les médias publics sont souvent accusés de servir la propagande du gouvernement de Viktor Orbán.

Un contexte de pressions politiques

Depuis l'arrivée au pouvoir de Viktor Orbán en 2010, les médias publics hongrois ont été progressivement transformés en outils de communication gouvernementale. Les journalistes y subissent des pressions constantes pour relayer la ligne officielle, sous peine de sanctions ou de licenciement. Selon le syndicat, environ 80 % des journalistes des médias publics déclarent avoir déjà été contraints de publier des informations qu'ils savaient inexactes.

Les termes de l'accord

L'accord prévoit que les journalistes ne peuvent être obligés de diffuser des informations qu'ils estiment contraires à l'éthique professionnelle. Un comité d'éthique indépendant sera mis en place pour examiner les plaintes. En outre, les rédacteurs en chef devront garantir que les informations diffusées respectent les faits. Le syndicat a salué cette avancée, mais a souligné que la mise en œuvre reste à surveiller de près.

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Réactions et implications

L'opposition hongroise a accueilli favorablement l'accord, tout en restant prudente. "C'est une victoire pour la liberté d'expression, mais le chemin est encore long", a déclaré un député de l'opposition. Des organisations de défense des droits de l'homme, comme Reporters sans frontières, ont également salué cette décision, tout en rappelant que la Hongrie occupe la 85e place sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse. L'Union européenne, qui a souvent critiqué Budapest pour ses atteintes à l'État de droit, n'a pas encore commenté officiellement.

Un précédent dans la région

Cet accord pourrait faire jurisprudence dans d'autres pays d'Europe centrale où les médias publics sont sous contrôle politique. En Pologne, en Slovaquie ou en Slovénie, des situations similaires existent. Les syndicats de journalistes de ces pays suivent de près l'évolution de la situation en Hongrie.

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