Dans une résolution adoptée ce jeudi 19 juillet, le Conseil de l'Europe a lancé un appel pressant à la Fédération internationale de football association (Fifa) pour qu'elle prenne des mesures visant à protéger le football des pressions politiques et financières. L'instance européenne, qui regroupe 46 États membres, estime que l'intégrité du sport le plus populaire au monde est menacée par des ingérences croissantes, notamment de la part de gouvernements et d'intérêts économiques.
Une résolution pour une gouvernance renforcée
Le texte, intitulé « Protéger le football des pressions politiques et financières », a été soutenu par une large majorité des délégués. Il appelle la Fifa à « renforcer les mécanismes de gouvernance et de transparence » pour garantir l'autonomie du football. Selon le Conseil de l'Europe, « les récentes affaires de corruption et d'ingérence politique dans plusieurs fédérations nationales montrent la nécessité d'une action urgente ».
La résolution souligne également le rôle clé des instances sportives dans la défense des valeurs démocratiques. « Le football ne doit pas être un instrument au service des intérêts politiques ou économiques, mais un vecteur de cohésion sociale et de respect des droits humains », a déclaré un porte-parole du Conseil.
Des exemples concrets d'ingérence
Le document cite plusieurs cas où des gouvernements ont tenté de s'immiscer dans les affaires des fédérations nationales, notamment en Afrique et en Europe de l'Est. « Nous avons observé des pressions directes sur les dirigeants de fédérations, des tentatives de contrôle des comités électoraux et même des menaces de retrait de financements publics », précise la résolution.
Le Conseil de l'Europe encourage la Fifa à adopter des « sanctions dissuasives » contre les États qui ne respectent pas l'indépendance des instances footballistiques. Il propose également la mise en place d'un observatoire indépendant chargé de surveiller les ingérences.
La réponse attendue de la Fifa
La Fifa, qui a déjà mis en place des réformes après les scandales de 2015, n'a pas encore réagi officiellement à cette résolution. Cependant, son président, Gianni Infantino, a récemment réaffirmé son engagement en faveur de « l'indépendance du football face à toute forme d'ingérence ».
Pour le Conseil de l'Europe, cette résolution n'est qu'une première étape. « Nous espérons que la Fifa prendra ces recommandations au sérieux et qu'elle collaborera avec nous pour garantir un football libre et transparent », a conclu le porte-parole.
Un enjeu mondial
La question des pressions politiques et financières sur le football dépasse largement les frontières européennes. Dans plusieurs pays, les fédérations sont contrôlées par des proches du pouvoir, tandis que des clubs sont utilisés comme outils de propagande. La résolution du Conseil de l'Europe pourrait ainsi servir de modèle pour d'autres instances internationales.
« Le football appartient aux peuples, pas aux gouvernements ni aux multinationales », a martelé un délégué français lors du débat. Un message que le Conseil de l'Europe espère voir relayé par la Fifa dans les mois à venir.



