Les gouvernements de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni ont conjointement appelé, jeudi 20 août 2026, Israël à mettre fin immédiatement à l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée. Dans une déclaration commune, ces quatre capitales européennes estiment que la poursuite de la colonisation constitue une violation flagrante du droit international et compromet les perspectives de paix dans la région.
Une position coordonnée des quatre grandes puissances européennes
Le communiqué, publié par les ministères des Affaires étrangères des quatre pays, souligne que « les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée n’ont aucune légalité au regard du droit international et constituent un obstacle majeur à la paix ». Les signataires exigent « l’arrêt immédiat de toute activité de colonisation, y compris l’expansion des colonies existantes et la construction de nouvelles unités d’habitation ».
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement israélien a récemment approuvé la construction de plus de 5 000 nouveaux logements dans des colonies de Cisjordanie, selon des données fournies par l’organisation israélienne La Paix Maintenant, citée dans le texte de l’appel. Les quatre pays rappellent que la colonisation viole la quatrième Convention de Genève, qui interdit le transfert de population d’une puissance occupante vers le territoire occupé.
Un appel sans précédent par son caractère collectif
Si la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni avaient déjà critiqué individuellement la colonisation, c’est la première fois qu’ils émettent un appel commun aussi ferme. « Nous, ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni, exprimons notre profonde préoccupation face à l’accélération de la colonisation en Cisjordanie », déclarent-ils dans le texte.
Les quatre capitales appellent également « toutes les parties à s’abstenir de toute action unilatérale qui pourrait exacerber les tensions et compromettre la solution à deux États ». Cette solution, qui prévoit la création d’un État palestinien viable aux côtés d’Israël, est présentée comme « la seule voie crédible vers une paix juste et durable ».
Des conséquences concrètes envisagées
Les quatre pays n’excluent pas de prendre des mesures si Israël ne répondait pas à leur appel. « Nous examinons toutes les options à notre disposition, y compris des mesures au niveau national et européen, pour faire respecter le droit international et dissuader de nouvelles violations », indique le communiqué. Ces mesures pourraient inclure des restrictions commerciales ou diplomatiques, bien que le texte ne précise pas leur nature exacte.
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions accrues en Cisjordanie, où l’armée israélienne a mené des opérations militaires dans plusieurs villes palestiniennes. Selon des chiffres du ministère palestinien de la Santé, cités dans l’article, au moins 150 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début de l’année 2026, dont 30 enfants. Le communiqué européen condamne « toute violence contre les civils, quelle qu’en soit l’origine ».
La réaction du gouvernement israélien n’a pas tardé. Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre a qualifié l’appel européen d'« hypocrite et déconnecté des réalités sécuritaires de la région », affirmant que « la Judée-Samarie [nom biblique de la Cisjordanie utilisé par les autorités israéliennes] fait partie intégrante de l’État d’Israël et que la colonisation continuera conformément à la loi israélienne ».



