Le 23 juin 2016, les Britanniques se sont rendus aux urnes pour un référendum historique sur l'appartenance à l'Union européenne. Avec 51,9 % des voix en faveur du départ, le Brexit a marqué un tournant majeur, perçu comme une forme de rébellion contre l'establishment politique et économique.
Un vote de colère et de défiance
Dix ans après, les analystes s'accordent à dire que ce vote n'était pas seulement une question européenne. Selon le professeur John Curtice, politologue à l'Université de Strathclyde, « le Brexit a été un cri de colère contre une élite qui semblait ignorer les préoccupations des classes populaires ». Les régions les plus défavorisées, comme le nord de l'Angleterre et les Midlands, ont massivement voté pour le Leave, tandis que Londres et l'Écosse ont majoritairement soutenu le Remain.
Les conséquences économiques et politiques
Le départ effectif du Royaume-Uni de l'UE en janvier 2020 a eu des répercussions profondes. L'Office for Budget Responsibility estime que le PIB britannique est de 4 % inférieur à ce qu'il aurait été si le pays était resté dans l'UE. De plus, les exportations vers l'UE ont chuté de 15 % depuis la mise en place de l'accord de libre-échange en 2021. Sur le plan politique, le Brexit a accéléré la fragmentation du paysage politique, avec la montée du Parti réformiste UK et des tensions accrues en Écosse et en Irlande du Nord.
Un héritage toujours contesté
Dix ans plus tard, le débat reste vif. Selon un sondage YouGov de juin 2023, 55 % des Britanniques estiment que le Brexit a été une erreur, tandis que 33 % pensent qu'il était la bonne décision. Le Premier ministre actuel, Keir Starmer, a promis de « faire fonctionner le Brexit » tout en cherchant à resserrer les liens avec l'UE, mais sans revenir sur la décision de 2016.



