Un ex-ministre polonais en cavale accueilli par les États-Unis
L'ancien ministre polonais de la Justice Zbigniew Ziobro, recherché par la justice de son pays pour des malversations financières, a confirmé dimanche se trouver désormais aux États-Unis. Cette fuite crée un incident diplomatique entre Varsovie et Washington.
« Je suis aux États-Unis », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision conservatrice polonaise Republika. Il avait d'abord trouvé refuge en Hongrie, mais la défaite de Viktor Orbán aux élections d'avril l'a contraint à s'enfuir. « Je suis arrivé hier aux États-Unis, et c'est la troisième fois que je voyage dans le pays », a-t-il ajouté.
La chaîne d'information TVN24 a publié une photo de l'ancien ministre à l'aéroport de Newark, près de New York. Ziobro risque jusqu'à 25 ans de prison pour avoir notamment détourné des fonds destinés aux victimes de crimes afin d'acquérir le logiciel-espion Pegasus, dans le but supposé de surveiller des opposants politiques.
Une cavale qui commence en Hongrie
Ministre de la Justice et procureur général dans les gouvernements du parti Droit et Justice (PiS, nationaliste) entre 2015 et 2023, il rejette les accusations portées contre lui, accusant le gouvernement centriste actuel de mener une chasse aux sorcières contre les conservateurs.
Il avait annoncé en janvier 2026 avoir obtenu « l'asile » en Hongrie, ainsi que son épouse. Mais au lendemain de sa victoire en avril, le nouveau Premier ministre hongrois Péter Magyar, qui a pris ses fonctions samedi, a promis de ne plus offrir refuge à des personnes recherchées par la justice internationale. « La Hongrie ne sera plus une décharge pour criminels recherchés à l'international », avait déclaré Péter Magyar, citant nommément Zbigniew Ziobro et un de ses adjoints, Marcin Romanowski, soupçonné d'avoir détourné près de 40 millions d'euros.
La Pologne demande des comptes
La Pologne « va prendre contact avec les États-Unis et la Hongrie pour leur demander des éclaircissements sur la base juridique qui a permis à Zbigniew Ziobro d'entrer aux États-Unis alors qu'il ne disposait pas de documents valides », a écrit sur X le ministre polonais de la Justice, Waldemar Zurek.
La Pologne avait indiqué par le passé que les documents de voyage de Ziobro, dont ses passeports polonais et diplomatique, avaient été révoqués. « Nous ne relâcherons pas nos efforts jusqu'à ce que lui et M. Marcin Romanowski répondent de leurs actes devant la justice polonaise », a encore assuré Waldemar Zurek. Plus tôt, il avait déclaré à Polsat news que « si la présence de Ziobro aux États-Unis était confirmée, alors (la Pologne) demanderait son extradition ».
Ziobro se dit prêt à faire face à la justice américaine
Zbigniew Ziobro est l'architecte d'une série de réformes judiciaires controversées. Ces réformes ont provoqué un bras de fer entre la Pologne et la Commission européenne qui estimait qu'elles fragilisaient l'État de droit et l'équilibre des pouvoirs.
Interrogé par Republika sur une possible extradition, Zbigniew Ziobro a répondu : « Je suis prêt à me présenter devant n'importe quelle cour et une cour américaine indépendante est certainement une cour indépendante. » « S'ils veulent lancer une procédure d'extradition, qu'ils le fassent », a-t-il ajouté, qualifiant les affaires d'extradition devant les tribunaux américains de « procédure exigeante ».



