Biden condamné à l'humiliation en endossant l'héritage de Trump au Moyen-Orient
Biden : l'humiliation en endossant l'héritage de Trump

Joe Biden s'est condamné à l'humiliation en endossant l'héritage de Donald Trump au Moyen-Orient, selon une analyse approfondie publiée par Le Monde. En reprenant à son compte les grandes orientations diplomatiques de son prédécesseur, le président américain a scellé son sort dans une région où les équilibres sont plus instables que jamais.

Un héritage toxique

Dès son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden avait promis de rompre avec la politique étrangère de Donald Trump, jugée erratique et imprévisible. Pourtant, sur le dossier moyen-oriental, la continuité l'a emporté sur la rupture. En maintenant le soutien indéfectible à Israël, en conservant les sanctions maximales contre l'Iran, et en ne remettant pas en cause les accords d'Abraham, le locataire de la Maison Blanche a choisi la voie de la continuité.

Cette stratégie, si elle a pu sembler pragmatique à court terme, s'est révélée désastreuse à moyen terme. En ne prenant pas ses distances avec les décisions les plus contestées de son prédécesseur, Biden a laissé penser que les États-Unis n'avaient plus de vision propre pour la région. Résultat : une perte de crédibilité auprès des alliés traditionnels et une montée en puissance des rivaux, notamment la Russie et la Chine.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une humiliation annoncée

L'humiliation évoquée par l'analyse prend racine dans les événements récents. Le retrait chaotique d'Afghanistan, hérité de l'accord négocié par Trump, a entaché l'image de Biden sur la scène internationale. Mais c'est surtout sur le dossier iranien que l'humiliation est la plus cuisante. En tentant de renégocier l'accord sur le nucléaire, Biden s'est heurté à l'intransigeance de Téhéran, qui a profité de la faiblesse américaine pour enrichir son uranium à des niveaux jamais atteints.

Dans le même temps, la normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes, initiée par Trump, n'a pas apporté la stabilité espérée. Les tensions restent vives à Gaza, en Cisjordanie, et la question palestinienne demeure totalement gelée. En reprenant à son compte cette dynamique sans y apporter de correctifs, Biden a contribué à figer un statu quo intenable.

Les conséquences pour la région

Cette politique a des conséquences concrètes pour les populations de la région. Selon les données recueillies, les frappes aériennes américaines en Irak et en Syrie ont augmenté de 30% depuis 2021, sans pour autant affaiblir durablement les groupes armés. Parallèlement, l'absence de perspective politique nourrit le désespoir et l'extrémisme.

Les alliés régionaux, comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont pris acte de ce désengagement américain et diversifient leurs partenariats. La Chine, elle, s'impose progressivement comme un médiateur incontournable, comme en témoigne l'accord signé entre Riyad et Téhéran en mars 2023, négocié sous l'égide de Pékin.

Un bilan contrasté

Joe Biden peut toutefois se targuer de quelques succès, comme la réintégration des États-Unis dans l'accord de Paris sur le climat ou le retour dans l'UNESCO. Mais ces avancées semblent bien minces face à l'ampleur des défis moyen-orientaux. L'administration Biden a également tenté de renouer le dialogue avec les Palestiniens, mais sans résultats concrets.

L'analyse conclut que Biden, en endossant l'héritage de Trump, a non seulement hypothéqué sa propre présidence, mais aussi affaibli durablement la position des États-Unis au Moyen-Orient. Une humiliation d'autant plus amère que le président démocrate avait fait de la restauration de la crédibilité américaine l'un de ses axes majeurs.

Vers une nouvelle donne ?

Alors que la campagne pour l'élection présidentielle de 2024 bat son plein, cette analyse interroge sur la capacité des États-Unis à se réinventer dans la région. Les candidats républicains, à l'instar de Ron DeSantis, promettent un retour à une politique plus interventionniste, tandis que les démocrates peinent à définir une alternative crédible.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Une chose est sûre : le Moyen-Orient ne sera plus jamais comme avant, et les États-Unis, qu'ils le veuillent ou non, devront composer avec de nouveaux acteurs. L'humiliation de Biden pourrait bien être le symbole d'une transition inévitable vers un monde multipolaire, où la voix de Washington ne sera plus la seule à compter.