250e anniversaire des États-Unis : deux célébrations rivales reflètent les divisions politiques
250e anniversaire : deux célébrations rivales aux États-Unis

Les États-Unis célèbrent ce 4 juillet le 250e anniversaire de l’adoption de la Déclaration d’indépendance, mais les festivités sont profondément marquées par les divisions politiques. Pour ce quart de millénaire, deux organismes liés au gouvernement fédéral américain pilotent en réalité deux célébrations distinctes. D'un côté, Freedom 250, un organisme créé par décret de Donald Trump en janvier 2025, organise les principaux événements à Washington. De l'autre, America250, une commission bipartisane créée par le Congrès en 2016, supervise ses propres événements dans le reste du pays.

Une lutte de pouvoir inédite

Selon l’agence de presse AP News, le feu d'artifice du National Mall, la Great American State Fair et le défilé des grands voiliers à New York relèvent de Freedom 250, tandis qu'America250 organise par exemple l’America's Block Party, un concert caritatif à Los Angeles présenté par Queen Latifah, avec Chris Stapleton et les Smashing Pumpkins. Cette coexistence de deux organisations est inédite et traduit une véritable lutte de pouvoir autour de cet anniversaire.

Des documents internes consultés par l’hebdomadaire Time, ainsi que des entretiens avec cinq personnes impliquées dans l’organisation de ces événements, détaillent non seulement l’absence de coordination entre ces deux organismes, mais aussi des visions opposées, et des tensions concernant les budgets, la programmation et la communication. Ces derniers mois, Donald Trump a présenté ces célébrations comme "l'attraction numéro un" et a fait du rassemblement du 24 juin puis des célébrations du 4 juillet des événements centrés sur sa personne. Selon AP News, le dirigeant milliardaire a aussi qualifié la célébration du National Mall de "plus spectaculaire des rassemblements Trump". Le programme prévoit notamment un spectacle de 40 minutes avec 850 000 feux d'artifice tirés depuis dix sites différents, afin de battre le record du monde.

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Des négociations tendues

Les négociations pour le contrôle des événements ont été tendues. Rosie Rios, présidente d'America250, explique au Time qu'elle a elle-même demandé à Donald Trump de signer un décret présidentiel afin d'associer davantage d'agences fédérales, comme la NASA ou le département du Trésor, aux célébrations du 250ᵉ anniversaire. En contrepartie, la commission a accepté de laisser la Maison-Blanche prendre entièrement en charge l'organisation des événements prévus à Washington, tandis qu'America250 recentrait son action sur les célébrations organisées dans le reste du pays. Ce partage des rôles a toutefois profondément modifié le programme imaginé à l'origine pour la capitale.

Les projets initialement prévus par America250 pour la capitale – un grand défilé multiculturel, un festival du Smithsonian et plusieurs concerts célébrant la diversité culturelle américaine – ont finalement été abandonnés au profit des événements voulus par Donald Trump, notamment la Great American State Fair, à laquelle au moins neuf États ont refusé de participer officiellement, rapporte le Time. Le journal rapporte aussi que presque tous les artistes initialement annoncés pour lancer la Great American State Fair gérée par l’organisation trumpiste – parmi lesquels Martina McBride, Young MC, Milli Vanilli ou Bret Michaels – se sont retirés, estimant que l'événement prenait une tournure trop partisane.

Des financements faussés

Un point de friction majeur réside également dans le financement. Toujours selon l’hebdomadaire, le Congrès avait voté en 2025 une enveloppe de 150 millions de dollars pour financer les célébrations du 250ᵉ anniversaire portées par America250. Sur cette somme, 50 millions de dollars devaient être consacrés aux événements souhaités par la Maison-Blanche. En décembre, le département de l'Intérieur avait indiqué qu'il transférerait ces 50 millions de dollars à America250. La commission assure finalement n’avoir reçu que 25 millions de dollars, soit la moitié de la somme promise. Dans le même temps, le ministère aurait versé au moins 68 millions de dollars à la structure à but non lucratif qui héberge Freedom 250. America250 estime toujours ne pas avoir reçu l'intégralité des financements que le Congrès lui avait pourtant alloués.

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Les deux structures se seraient également disputé les mêmes mécènes privés, soit plusieurs grandes entreprises – dont Palantir, United Airlines, Deloitte, Boeing ou encore UFC – ayant finalement choisi de financer les deux organisations.

Une polarisation renforcée

Les tensions autour de ces célébrations ne devraient pas manquer de renforcer un peu plus encore la polarisation de l’opinion américaine. En avril dernier, un sondage réalisé par The Associated Press et NORC Center for Public Affairs Research a montré que seuls 44 % des Américains considèrent désormais les États-Unis comme le meilleur pays du monde. Signe d'un affaiblissement du sentiment d'exceptionnalisme américain, à l'heure où le pays célèbre son quart de millénaire.