La démarche du pistolero : le secret de Poutine révélé
Dans son livre Kremlin confidentiel, dont L'Express publie des extraits, le journaliste Vincent Jauvert dévoile une enquête approfondie sur la vraie nature de Vladimir Poutine. L'ouvrage s'appuie sur de nombreux documents et témoignages pour révéler ce que le président russe cherche à cacher : sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance, ainsi que sa vie privée et ses crimes.
Une démarche héritée du KGB
Des professeurs de neurologie du prestigieux British Medical Journal ont baptisé la façon de marcher de Poutine "la démarche du pistolero". En 2015, ils ont observé que le dirigeant russe présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche. Ils ont trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps pour pouvoir dégainer rapidement une arme. Les experts pensent que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans la posture et la démarche de Poutine.
La construction d'une dictature à vie
Vincent Jauvert montre dans un texte saisissant comment Poutine a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l'invasion de l'Ukraine et entraîné l'Europe dans une guerre sans fin. L'auteur expose les mécanismes de pouvoir et de corruption qui sous-tendent le régime russe, mettant en lumière les stratégies utilisées pour consolider son autorité.
Les Jeux de la corruption et du dopage à Sotchi
C'est peut-être sur les bords de la mer Noire, lors des Jeux Olympiques de Sotchi en 2014, que le régime Poutine apparaît le plus crûment dans toute son immoralité. Grand amateur de sport, le maître du Kremlin a voulu ces JO – son bébé – pour consolider son prestige à l'intérieur et à l'extérieur de son pays, et pour magnifier la gloire de la Russie.
En réalité, ces Jeux ont exposé à la face du monde l'extrême corruption financière et morale du régime. La Russie est arrivée largement première avec 33 médailles dont 13 en or, alors qu'aux Jeux d'hiver précédents à Vancouver, elle n'était classée que douzième avec seulement 2 médailles d'or.
Un système de triche orchestré par l'État
Cet exploit a été réalisé grâce à une triche sans précédent, autorisée et sans doute même ordonnée par Poutine. À partir de 2011, l'État russe a mis en place un système de dopage et de dissimulation orchestré par le ministère des Sports avec l'aide du FSB, selon l'avocat canadien Richard McLaren, interviewé par l'auteur. McLaren a remis en juillet 2016 un rapport à l'Agence mondiale antidopage détaillant ces pratiques.
Selon les sources de l'enquête, l'idée de ce système est apparue dès 2007, lorsque Sotchi a été désignée comme ville organisatrice pour 2014. Cependant, la décision a été effectivement prise trois ans plus tard, après les JO de Vancouver, où les résultats décevants des athlètes russes ont poussé les autorités à agir.
Cette révélation met en lumière comment la stratégie de corruption et de mensonges du régime a trouvé sa première limite, montrant les conséquences désastreuses de la quête de pouvoir de Poutine sur l'intégrité du sport international.



