Le SVR russe orchestre une vaste campagne de fake news ciblant la France
Fake news russes : le SVR cible la France avec des fictions

Le SVR russe déploie une campagne massive de fake news contre la France

Une série de notes et de rapports, signés sous des noms de code comme « Felix », « Frank » ou « Piotr », et adressés à « Sergueï », un officier traitant au siège du SVR à Moscou, a récemment émergé. Ces télégrammes chiffrés, rédigés ces dernières semaines, prétendent révéler des scoops explosifs. Dans l'un d'eux, un espion basé à Paris affirme, grâce à des sources à l'Élysée, qu'Emmanuel Macron prépare plusieurs coups d'État en Afrique et planifie l'assassinat d'Ibrahim Traoré, le dirigeant du Burkina Faso. Une autre révélation choquante : la France s'apprêterait à livrer une bombe nucléaire à l'Ukraine.

Des fictions élaborées pour tromper

Ces documents, bien que rédigés sur le modèle des notes traditionnelles des services de renseignement russes, n'ont aucunement pour but d'informer le Kremlin. Leur objectif est clair : semer le trouble au-delà des frontières russes. Ils visent à être repris par des journalistes peu scrupuleux, diffusés sur les réseaux sociaux dans des cercles complotistes, ou relayés par des sites propagandistes russes. Et cette stratégie fonctionne parfois, comme en témoigne un journal ivoirien qui s'est récemment appuyé sur l'une de ces notes pour dénoncer de prétendues actions clandestines de Paris à Abidjan.

Le véritable auteur de ces notes n'est pas un espion sur le terrain, mais une petite équipe de rédacteurs appointés par le SVR, dirigée par Mikhail Pogudin. Ancien patron de la communication des services de renseignement extérieur, Pogudin supervise un « club des vétérans des services de renseignement » et un journal diffusant le narratif du Kremlin. C'est dans cette publication que ces télégrammes chiffrés sont rendus publics, logés dans les locaux du SVR et diffusés sur son site officiel.

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Une opération conjointe de désinformation

Cette opération, nommée « Opération Enormouz », est menée en collaboration avec le colonel Sergueï Guskov, successeur de Pogudin au SVR. Guskov, un ancien analyste de haut niveau, dirige le service de presse de l'agence et a publié un livre célébrant une opération d'espionnage russe pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa mission principale est de fournir du contenu clés en main pour alimenter la guerre hybride menée par Moscou contre l'Europe, avec une attention particulière portée à la France et à Emmanuel Macron.

Les communiqués du SVR ciblent systématiquement l'Hexagone, exploitant des informations réelles mais anecdotiques pour broder des récits inventés. Par exemple, un récent communiqué accuse la France de préparer l'envoi de 2000 soldats en Ukraine, une affirmation reprise par des chaînes de télévision russes et le porte-parole de Vladimir Poutine. Une autre fausse information diffuse l'idée que Paris autorise l'envoi de mercenaires sur le front ukrainien, menaçant directement les entreprises françaises.

Une tradition soviétique de manipulation

Ce type de manipulation n'est pas nouveau. À l'époque soviétique, le KGB produisait fréquemment de faux rapports pour tromper les médias et l'opinion publique occidentale. Ces « mesures actives » de désinformation étaient même théorisées dans des manuels, visant à affaiblir la confiance dans les institutions ennemies. La guerre hybride actuelle ne fait que perpétuer cette tradition, avec des fake news en série diffusées pour déstabiliser les adversaires de la Russie.

Parmi les exemples flagrants, un télégramme signé « Felix » daté du 20 février 2026 prétend que la France et la Grande-Bretagne transfèrent une bombe nucléaire en Ukraine. Un autre, signé « Berg » depuis Paris, accuse Macron d'orchestrer des coups d'État en Afrique. Ces fictions, bien que totalement infondées, illustrent la sophistication des campagnes de désinformation russes, qui exploitent les tensions géopolitiques pour semer la confusion et la méfiance.

En conclusion, cette vaste opération de fake news menée par le SVR souligne l'intensité de la guerre hybride contre l'Europe. Les services français restent vigilants face à ces manipulations, mais la bataille de l'information est loin d'être terminée, avec des récits falsifiés continuant à circuler pour influencer les perceptions et saper la crédibilité des nations ciblées.

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