De la DGSE à la mairie : l'ancienne espionne Christine Cabon se confie
Chaque samedi, retrouvez nos échos satiriques et le dessin de Duverdier dans votre journal Sud Ouest, édition Béarn et Soule, ainsi que sur sudouest.fr. Cette semaine, une rencontre formidable avec Christine Cabon, maire réélue de Lasseubetat et ancienne agent de renseignement pour la DGSE.
Une vie entre secrets et service public
L'ex-espionne a gardé l'essentiel de ses secrets, mais elle s'est un peu ouverte sur le travail de couverture. « On imagine ce métier comme un film de James Bond, mais ça n'a rien à voir, assure-t-elle. On monte le curseur, mais si on était à 99 % quelqu'un d'autre, on ne tiendrait pas la distance. »
Christine Cabon, alias Frédérique Bonlieu, avait mis beaucoup d'elle-même dans le personnage de Frédérique Bonlieu qu'elle avait construit pour infiltrer Greenpeace en 1985. Quelques semaines avant que le ministre de la Défense n'ordonne le sabotage du Rainbow Warrior.
L'ancienne militaire a choisi une vie publique pour sa retraite : elle est maire d'une commune de 198 habitants entièrement refaçonnée en dix ans. Deux engagements pas si éloignés l'un de l'autre. « D'une certaine manière, être maire, c'est parfois plus stressant qu'agent secret », confie-t-elle. Dans les deux cas, on peut être à portée de claques.
Élections et sophistication dans le Haut Béarn
Le maire d'Ogeu, Marc Oxibar, a été élu à la tête de la Communauté de communes du Haut Béarn jeudi soir. Une élection à un seul candidat qui ne dit pas tout du contexte dans lequel elle se déroule. Après la victoire d'une voix de Marie-Lyse Bistué à Oloron et le recours de son concurrent, Clément Servat, le futur de l'intercommunalité ne s'écrit pas forcément à l'encre sympathique.
En attendant, le grand public pourra découvrir la très élégante moustache impériale de l'Ogeulois. Décidément, la sophistication est à la mode dans la droite haut béarnaise, puisque le candidat Hugo Couchinave en était également affublé. Il avait opté pour une fine moustache en chevron. S'il veut faire la décision, peut-être Clément Servat devrait-il succomber à cette mode très IIIe République ?
L'exode des basketteurs béarnais vers les États-Unis
François Wibaut a fait son choix. L'ailier de 21 ans quittera l'Elan béarnais pour évoluer chez les Nittany Lions de Penn State, dans le championnat universitaire américain (NCAA) la saison prochaine. Un choix sportif peut-être, parce que la NBA regarde attentivement le championnat étudiant. Mais aussi financier : son contrat avoisinerait le million de dollars pour une saison.
Le Béarnais est loin d'être le seul à faire ce choix et les formateurs français se demandent à quoi bon continuer à façonner des joueurs si c'est pour tous les voir partir. « Cet exode est malheureux dans l'absolu mais il est compréhensible », dit le coach palois, Mickaël Hay.
Moment de tendresse au stade du Hameau
Trop de mignonneries jeudi après-midi au stade du Hameau. Les petits supporters de la Section paloise étaient invités à visiter les vestiaires du club et assister à l'entraînement des pros avant une séance de dédicaces sous un beau soleil. Les petits Vert et blanc ont joué des coudes, mais les joueurs sont parvenus à signer tous les cartons, feuilles volantes, cahiers de textes et autres moleskines qui se présentaient.
Les joueurs appelés en équipe de France comme Brau-Boirie et Attissogbe étaient forcément présents. Ce dernier a fait le bonheur d'une petite fan qui est repartie en disant sa joie d'avoir recueilli le « signement de Théo ». Un dérivé du groupe de rock régional, Les Hurlements d'Léo.
Politique et tensions à Orthez
Il n'est rien de dire que l'ex-maire d'Orthez, Emmanuel Hanon, n'a pas d'atomes crochus avec Nicolas Cresson, candidat RN aux dernières municipales. L'ancien édile, professeur de physique-chimie, qui a renoncé à sa succession et quitté la vie publique, se fend d'un commentaire sur Facebook au soir de l'élection du président de la communauté de communes de Lacq-Orthez où Nicolas Cresson se présentait face à Lindsey Deary.
« Le RN est atomisé », écrit Emmanuel Hanon pour railler Nicolas Cresson qui ne réunit sur son nom que quatre voix parmi les 94 délégués communautaires. Reste qu'avec un seul représentant RN au sein de l'assemblée d'élus, c'est déjà une surprise.
Emmanuel Hanon rappelle ensuite « la déroute cuisante » de Nicolas Cresson aux Municipales d'Orthez avec 15 % des voix. C'est sans doute oublier un peu vite le score de 20,76 % de sa majorité sortante conduite par son adjointe à l'éducation. Élue au premier tour en 2020, la majorité d'Emmanuel Hanon ne réunit que 267 voix de plus que le Rassemblement national six ans plus tard. Entre-temps, 858 voix alors séduites par le socialiste ont été… atomisées.
Stratégie politique à long terme
Absente du premier exécutif de la toute jeune CCLO en 2014, la commune la plus peuplée de Lacq-Orthez devra, comme en 2020, se contenter de la 3e place jusqu'en 2033. Le nouveau maire d'Orthez a bien tenté, un instant, mardi de briguer la 1re vice-présidence, mais Benjamin Moutet a aussitôt retiré sa candidature, conscient que tout était déjà joué.
« Le temps n'est pas venu, mais il viendra. Si on fait nos preuves », a confié le nouvel élu qui, dès la campagne municipale, a inscrit son action politique sur deux mandats. « On doit voir loin. Moi, je regarde demain », commente-t-il. Cet avenir dira si, fort de ses apprentissages de l'institution intercommunale, Benjamin Moutet portera Orthez… à sa présidence.



