Zineb Kharroubi condamnée avec sursis au Maroc
Zineb Kharroubi condamnée avec sursis au Maroc

La militante franco-marocaine Zineb Kharroubi, figure du collectif GenZ 212, a été condamnée lundi 30 juin à six mois de prison avec sursis par le tribunal de première instance de Casablanca. Elle était poursuivie pour « outrage » et « injure » envers des fonctionnaires publics, après avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux critiquant les autorités marocaines.

Une peine avec sursis pour des vidéos polémiques

Zineb Kharroubi, 28 ans, résidant en France, avait été interpellée le 20 juin à l'aéroport Mohammed-V de Casablanca à son arrivée de Paris. Placée en garde à vue, elle a été déférée devant le parquet le lendemain et jugée en comparution immédiate. Le tribunal l'a reconnue coupable d'« outrage à fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions » et d'« injure publique », des chefs passibles de peines d'emprisonnement allant jusqu'à deux ans.

Les faits reprochés portent sur des publications datant de 2023, dans lesquelles elle qualifiait notamment des agents de la sûreté nationale de « chiens » et les accusait de corruption. Lors de l'audience, la jeune femme a plaidé non coupable, affirmant que ses propos relevaient de la liberté d'expression et qu'elle n'avait pas visé des personnes identifiées.

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Un symbole de la contestation en ligne

Zineb Kharroubi est une figure du collectif GenZ 212, un groupe informel de jeunes Marocains de la diaspora qui utilisent les réseaux sociaux pour dénoncer les dérives autoritaires au Maroc. Le collectif s'était fait connaître en 2021 en relayant des témoignages de victimes de violences policières et en appelant à des manifestations. Depuis, plusieurs de ses membres ont été arrêtés ou condamnés au Maroc.

« Cette condamnation est une nouvelle atteinte à la liberté d'expression dans le pays. Zineb n'a fait qu'exercer son droit de critiquer les institutions, ce qui est garanti par la Constitution marocaine », a déclaré Me Saïd Larifou, avocat de la militante, cité par l'AFP. Il a annoncé son intention de faire appel.

Une réaction diplomatique attendue

L'affaire suscite des réactions en France, où Zineb Kharroubi est également connue pour son engagement associatif dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris. Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué suivre la situation « avec attention », sans commenter le fond de l'affaire. Plusieurs ONG de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et Reporters sans frontières, ont dénoncé une « instrumentalisation de la justice ».

Depuis sa mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire, Zineb Kharroubi doit se présenter régulièrement au commissariat de Casablanca. Son passeport lui a été restitué, mais elle reste sous la menace d'une révocation du sursis en cas de nouvelle infraction. Le verdict intervient dans un contexte de durcissement des libertés publiques au Maroc, où plusieurs journalistes et militants ont été condamnés ces dernières années pour des propos tenus en ligne.

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