L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) est actuellement la cible de campagnes d'influence orchestrées depuis l'Allemagne jusqu'aux États-Unis, selon une enquête publiée par Le Monde. Ces campagnes visent à décrédibiliser l'agence onusienne, qui fournit une aide essentielle à des millions de Palestiniens, et à réduire son financement.
Des accusations infondées et des pressions politiques
Les campagnes d'influence, menées par des groupes pro-israéliens et certains responsables politiques, accusent l'UNRWA de partialité et de liens avec le Hamas. Ces allégations, souvent non étayées, ont conduit à des réductions budgétaires de la part de donateurs clés. Selon des documents internes consultés par Le Monde, des diplomates allemands ont activement fait pression sur d'autres pays européens pour qu'ils réduisent leurs contributions à l'agence, en échange de faveurs politiques.
Un haut responsable de l'UNRWA, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Ces campagnes sont une menace existentielle pour notre capacité à fournir des services de base comme l'éducation et la santé à des millions de réfugiés. »
Un impact humanitaire dévastateur
L'UNRWA gère des écoles, des cliniques et des programmes d'aide alimentaire pour environ 5,9 millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. En 2025, l'agence a subi une réduction de 300 millions de dollars de son budget, soit près de 20 % de ses fonds, ce qui a contraint à des coupes drastiques dans les services.
Selon un rapport de l'ONG Oxfam, ces coupes ont déjà entraîné la fermeture de 50 écoles et la suppression de soins de santé pour 200 000 personnes. « Sans un financement urgent, des millions de vies sont en jeu », a averti un porte-parole de l'UNRWA.
Les États-Unis en première ligne
Les États-Unis, sous l'administration Trump, avaient déjà suspendu leur financement à l'UNRWA en 2018, avant de le rétablir partiellement sous Biden. Cependant, des groupes de pression pro-israéliens continuent de faire campagne pour une réduction permanente des contributions américaines. Selon des documents diplomatiques révélés par Le Monde, l'ambassadeur américain en Israël a rencontré des responsables de l'UNRWA pour exiger des réformes, menaçant de nouvelles coupes.
Un analyste politique du Middle East Institute a commenté : « L'UNRWA est pris dans un étau géopolitique. Les pressions allemandes et américaines s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à affaiblir les institutions palestiniennes. »
Une réponse de l'UNRWA et des appels à la solidarité
Face à ces attaques, l'UNRWA a lancé une campagne de transparence, publiant des audits et des rapports pour prouver sa neutralité. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé les États membres à maintenir leur soutien, soulignant que l'agence est « irremplaçable » pour la stabilité régionale.
Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont dénoncé ces campagnes comme une tentative de « punir collectivement les réfugiés palestiniens ». Une pétition internationale a recueilli plus de 500 000 signatures pour exiger le maintien du financement de l'UNRWA.



