Syrie : 30 Syriens arrêtés en Israël, leur sort inconnu
Syrie : 30 Syriens arrêtés en Israël, sort inconnu

Depuis le début de l'année 2024, une trentaine de Syriens originaires du plateau du Golan ont été arrêtés par les autorités israéliennes et emprisonnés. Leurs familles, sans nouvelles, ignorent tout des charges retenues contre eux et de leur lieu de détention. Cette situation suscite l'inquiétude et la colère parmi la population druze de la région.

Des arrestations sans explication

Selon des témoignages recueillis par l'ONG Amnesty International, les arrestations ont eu lieu lors de contrôles de routine ou à domicile, sans mandat apparent. « Mon frère a été emmené il y a trois mois, et nous n'avons aucune information sur son sort », témoigne une habitante de Majdal Shams, sous couvert d'anonymat. Les familles dénoncent un « vide juridique » et une « détention arbitraire ».

Les autorités israéliennes n'ont pas communiqué officiellement sur ces arrestations. Interrogé par Le Monde, le porte-parole de l'armée israélienne s'est refusé à tout commentaire, évoquant des « raisons de sécurité ». Les avocats des familles peinent à obtenir des informations, les tribunaux militaires israéliens étant souvent inaccessibles.

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Le Golan, territoire annexé sous tension

Le plateau du Golan, conquis par Israël en 1967 et annexé en 1981, est majoritairement peuplé de Druzes, qui ont pour la plupart conservé la nationalité syrienne. Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, la situation s'est tendue, avec des infiltrations et des tentatives de déstabilisation attribuées au Hezbollah ou à l'Iran. Israël y mène régulièrement des opérations de sécurité.

« Ces arrestations massives sont sans précédent depuis l'annexion », estime un chercheur spécialiste de la région. « Elles pourraient viser à intimider la population locale et à prévenir toute velléité de contestation. » Les familles des détenus affirment que leurs proches n'ont aucun lien avec des groupes armés.

Un appel à la transparence

Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont demandé à Israël de révéler le nombre exact de détenus, les charges retenues et leurs lieux de détention. « Le droit international interdit la détention arbitraire et exige que toute personne arrêtée soit informée des motifs de son arrestation », rappelle un rapport d'Amnesty.

Les familles, elles, réclament simplement des nouvelles. « Nous ne savons même pas s'ils sont vivants », confie une mère. « On nous dit que c'est une question de sécurité, mais nous, nous souffrons en silence. »

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