Silence, l'Iran se meurt : un appel de Sepideh Farsi
Silence, l'Iran se meurt : un appel de Sepideh Farsi

Dans une tribune poignante publiée par Libération, la cinéaste franco-iranienne Sepideh Farsi dresse un constat alarmant : « L'Iran se meurt. » Elle décrit un pays étouffé par la répression, où chaque voix dissidente est brutalement réduite au silence. Farsi, réalisatrice de documentaires et de fictions, témoigne de la déchirure d'une nation qui, après des décennies de dictature, voit ses espoirs de liberté anéantis.

Un cri d'alarme face à la violence d'État

Sepideh Farsi évoque les manifestations de 2022, déclenchées par la mort de Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans arrêtée pour port « inapproprié » du voile. Depuis, le régime iranien a multiplié les exécutions : selon Amnesty International, plus de 500 personnes ont été exécutées en 2023, dont de nombreux manifestants. Farsi rappelle que « le sang des jeunes continue de couler dans les rues de Téhéran, d'Ispahan, de Chiraz ».

La cinéaste insiste sur le rôle des artistes et intellectuels, ciblés par le régime. « Les écrivains sont emprisonnés, les cinéastes empêchés de tourner, les musiciens réduits au silence », écrit-elle. Elle-même, exilée en France, ne peut retourner en Iran sans risquer l'arrestation. Son dernier film, La Sirène, a été interdit dans son pays.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'économie iranienne en ruine

Au-delà de la répression politique, Farsi dépeint une économie exsangue. L'inflation dépasse 50 % et le chômage des jeunes frôle les 40 %. « Les Iraniens ne peuvent plus se nourrir, se soigner, se loger », déplore-t-elle. Les sanctions internationales, combinées à la corruption endémique, ont plongé le pays dans une crise humanitaire. Selon la Banque mondiale, 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Farsi appelle la communauté internationale à ne pas détourner le regard. « Le silence est complice », martèle-t-elle. Elle exhorte les gouvernements européens, notamment la France, à imposer des sanctions ciblées contre les dirigeants iraniens et à soutenir les opposants en exil.

Un appel à la solidarité

La tribune se conclut sur une note d'espoir fragile. « L'Iran n'est pas mort, mais il agonise », écrit Farsi, qui appelle les Iraniens de la diaspora à s'unir. Elle rappelle que « la lutte pour la liberté est universelle » et que chaque geste de solidarité compte. « Ne les laissez pas seuls », implore-t-elle, en référence aux manifestants iraniens qui risquent leur vie chaque jour.

Ce texte, publié le 21 juillet 2024, s'inscrit dans une série de prises de position d'artistes iraniens exilés. Il intervient alors que le régime de Téhéran intensifie sa répression en amont des élections législatives prévues en 2025. Pour Sepideh Farsi, l'heure n'est plus à l'indifférence : « L'histoire jugera ceux qui ont choisi le silence. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale