Rapport Sénat masculinisme : menace terroriste et radicalisation des jeunes
Rapport Sénat : menace terroriste masculiniste et jeunes ciblés

Ce mercredi 24 juin 2026, le Sénat a rendu un rapport inédit de près de 300 pages sur la montée en puissance des mouvements masculinistes, fruit de sept mois de travaux menés par les sénatrices Dominique Vérien, Béatrice Gosselin, Olivia Richard et Laurence Rossignol. Le constat est alarmant : le mouvement est qualifié de dangereux, extrême et radicalisé, et la menace terroriste masculiniste est désormais suivie de près par les services du renseignement intérieur (DGSI).

Définition et fondements du masculinisme

Pauline Ferrari, journaliste et autrice de Formés à la haine des femmes citée dans le rapport, définit le masculinisme comme « un mouvement social et politique de mise en pratique concrète de l’antiféminisme […] dans le but politique de faire reculer le droit des femmes ». Ce mouvement s’articule autour de trois piliers : contester l’émancipation des femmes, réaffirmer une domination masculine présentée comme naturelle et remettre en cause les progrès accomplis en matière d’égalité. Les discours masculinistes s’appuient sur des récits fondateurs victimaires et dominateurs, comme le mythe de « l’égalité déjà là », largement diffusé sur les réseaux sociaux.

Les jeunes, cibles privilégiées de l’emprise numérique

Longtemps cantonnés à des espaces militants confidentiels, les discours masculinistes envahissent désormais les plateformes numériques et les réseaux politiques. Selon le rapport, « deux jeunes hommes sur trois âgés de 16 à 24 ans connaissent aujourd’hui un influenceur masculiniste ». Les algorithmes de X, TikTok ou Meta privilégient les contenus susceptibles de retenir l’attention, orientant progressivement les utilisateurs vers des contenus toujours plus radicaux. Le Sénat parle d’un schéma de « véritable emprise numérique ». Cécile Simmons, chercheuse spécialiste des malveillances numériques et de genre ayant participé à la rédaction du rapport, affirme : « quand on est un jeune homme en ligne, tous les chemins semblent mener au masculinisme ». Une étude de l’université de Dublin, citée dans le rapport, montre qu’il faut aujourd’hui moins de vingt-six minutes pour qu’un jeune homme se voie recommander des contenus masculinistes en ligne.

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Une radicalisation diffuse et une menace terroriste émergente

Les travaux du Sénat montrent que le masculinisme progresse moins par une adhésion revendiquée à une idéologie structurée que par une « imprégnation culturelle diffuse ». L’accumulation de contenus, de références et de représentations modifie progressivement les perceptions des rapports entre femmes et hommes. Les risques sont bien réels : « en France, la menace terroriste masculiniste est aujourd’hui suivie de près par les services du renseignement intérieur (DGSI), qui ont développé en la matière une réelle expertise et une volonté d’anticipation de la menace qualifiée d’émergente », souligne le rapport. Des personnalités médiatiques comme Donald Trump, Vladimir Poutine ou Éric Zemmour, décrites comme masculinistes par les rédactrices, participent à la radicalisation du mouvement.

Les solutions préconisées par le Sénat

Face à cette menace, le rapport propose plusieurs pistes : « faire de la lutte contre le masculinisme un enjeu majeur de politique publique », « réguler et assainir l’espace numérique », « repérer et prévenir les trajectoires d’adhésion et de radicalisation masculinistes », et « réveiller les consciences en mobilisant l’ensemble de la société ». Le programme de lutte, ciblant principalement les jeunes, met l’accent sur l’éducation et la formation à l’utilisation des médias. Julien Chavanes, journaliste et romancier, conclut : « Nous avons besoin d’une prise de conscience bien plus large et plus forte des hommes pour rompre la chaîne de la violence et faire reculer le masculinisme. »

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