Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour injure publique à caractère raciste, à la suite des propos tenus par une sénatrice paraguayenne à l'encontre du footballeur français Kylian Mbappé. Cette décision fait suite à un signalement de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).
Les faits reprochés
Le 2 juillet 2026, lors d'une interview accordée à une chaîne de télévision paraguayenne, la sénatrice Kattya González avait déclaré, en parlant de Kylian Mbappé : « Il est noir, il a un nez de singe et il est prétentieux. » Ces propos, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive indignation en France et à l'international.
La Licra a déposé une plainte le 5 juillet, dénonçant des « propos d'une violence inouïe » et rappelant que « le racisme n'a pas sa place dans le sport ni ailleurs ». Selon l'association, ces déclarations constituent une injure publique en raison de l'origine ou de l'appartenance à une ethnie, une infraction prévue par la loi française.
L'enquête du parquet
Le parquet de Paris a confirmé avoir ouvert une enquête préliminaire, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Les investigations visent à déterminer les circonstances exactes des propos et à identifier les éventuelles responsabilités pénales.
Interrogé par l'AFP, le parquet a précisé que l'enquête porte sur le chef d'« injure publique commise en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». Cette infraction est punie d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
Réactions et conséquences
Kylian Mbappé, attaquant du Real Madrid et capitaine de l'équipe de France, n'a pas encore réagi publiquement. Toutefois, son entourage a indiqué qu'il « prenait acte » de l'ouverture de l'enquête et qu'il « faisait confiance à la justice ».
La Fédération française de football (FFF) a condamné « avec la plus grande fermeté » ces propos racistes. Dans un communiqué, elle a réaffirmé son engagement « contre toutes les formes de discrimination ».
Au Paraguay, la sénatrice Kattya González a présenté ses excuses, affirmant que ses propos avaient été « sortis de leur contexte » et qu'elle ne souhaitait pas « blesser qui que ce soit ». Cependant, plusieurs organisations de défense des droits humains ont estimé que ses excuses étaient insuffisantes.
Un précédent dans le football
Cet incident rappelle d'autres affaires de racisme dans le football. En 2020, l'attaquant brésilien Vinicius Junior avait été la cible d'insultes racistes en Espagne, suscitant une vague de soutien. La France avait alors renforcé sa législation contre les discriminations dans le sport.
Selon une étude de l'Observatoire du racisme dans le football, publiée en 2025, 42 % des joueurs professionnels français déclarent avoir été victimes de propos racistes au cours de leur carrière. L'affaire Mbappé relance le débat sur l'efficacité des mesures de lutte contre le racisme dans le sport.



