Une génération en quête d'identité
Comment se définissent-ils ? Quelles études font-ils ? Quelle langue parlent-ils ? Ces questions, longtemps restées sans réponse, trouvent enfin un éclairage grâce à l'étude Trajectoires et origines 2, menée par l'Ined et l'Insee pendant dix ans auprès de 27 000 répondants âgés de 18 ans et plus. Ce travail colossal permet pour la première fois de brosser le portrait de la « troisième génération » d'immigrés en France, ces petits-enfants d'immigrés qui représentent 4,7 millions de personnes de moins de 60 ans, soit 10 % de la population.
Pour faire partie de cette catégorie, il suffit d'avoir un grand-parent immigré. Premier enseignement notable : « certains ont un rapport à l'immigration assez lointain. Les petits-enfants, devenus adultes aujourd'hui, ont des origines mixtes. Dans la société française, il n'y a pas deux blocs étanches avec d'un côté les immigrés et leurs descendants et de l'autre, la population majoritaire. Il y a un mélange qui augmente », décrypte Mathieu Ichou, chargé de recherches à l'Ined.
Des parcours d'intégration variés
L'enquête révèle que cette génération aspire à ne plus être ramenée à ses origines. Elle se distingue par une diversité de parcours éducatifs et professionnels, avec une forte mobilité sociale. Les langues parlées au sein des familles reflètent également ce métissage : si le français domine, les langues d'origine des grands-parents persistent parfois, mais de manière moins marquée que chez les générations précédentes.
Cette étude pionnière permet de mieux comprendre les mécanismes d'intégration et les défis rencontrés par ces descendants d'immigrés, tout en soulignant leur contribution à la société française. Elle met en lumière une réalité complexe, loin des clichés, où l'identité se construit dans un équilibre entre héritage et modernité.



