Polémique raciste en Espagne contre les Bleus avant la demi-finale
Polémique raciste en Espagne contre les Bleus avant le choc

À seulement deux jours du choc face à la Roja, les Bleus se retrouvent la cible d’attaques xénophobes d’une rare violence en provenance d’Espagne. Dimanche, l’ancien chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy a déclenché un tollé international en affirmant dans une tribune que l’équipe de France disposait d’un effectif de haut niveau, mais « sans Français ».

Une provocation raciste immédiatement condamnée

La déclaration de Mariano Rajoy a été immédiatement étouffée par son successeur socialiste, le Premier ministre Pedro Sanchez. « Il y en a qui mesurent encore l’appartenance par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau », a fustigé Pedro Sanchez. Opposant sa vision inclusive de la citoyenneté, le dirigeant espagnol a rappelé qu’elle se définissait plutôt par « l’attachement à un pays et la volonté d’y contribuer », avant de lancer un message de fraternité sportive à deux jours du choc : « France, on se retrouve en demi-finale. Que le meilleur gagne et que le racisme perde. »

Tollé dans l’Hexagone

En France, la classe politique a immédiatement fait bloc pour soutenir les joueurs de Didier Deschamps face à cette attaque. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a rappelé que la France était une nation politique et non ethnique, tandis que le communiste Fabien Roussel fustigeait un « racisme crasseux ». L’indignation a également gagné le gouvernement français. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a dénoncé une haine méthodique et banalisée, invitant la Fédération française de football à engager des poursuites face à des relents nauséabonds qui ressurgissent à chaque victoire.

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La fédération contre-attaque

Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, a lui aussi fermement réagi depuis les États-Unis où sont basés les Bleus. Sur son compte X, le dirigeant a rappelé que les joueurs n’avaient aucun certificat de nationalité à recevoir et que l’équipe de France restait, souverainement, l’équipe de la France. Pour éteindre définitivement la polémique sur le plan factuel, l’ambassade de France à Madrid a publié un rappel statistique implacable. Sur les 26 joueurs qui composent le groupe tricolore pour ce Mondial, 23 sont nés sur le territoire français et les trois nés à l’étranger possèdent tous légalement la nationalité française.

Fracture à Madrid

La sortie de l’ancien leader conservateur, dont le gouvernement était tombé en 2018 pour une affaire de financement illégal, a également provoqué des fractures majeures au sein de la vie politique espagnole. Outre le recadrage du Premier ministre, des mots très durs ont été employés au sein de l’exécutif ibérique. Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, n’a ainsi pas hésité à qualifier Mariano Rajoy d'« idiot post-franquiste ». Ce climat détestable promet une rencontre sous haute tension mardi soir, où le sport tentera de reprendre ses droits sur le terrain.

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