Une cinquantaine d'anciens ambassadeurs français et britanniques ont signé une tribune appelant leurs gouvernements respectifs à agir de concert pour faire respecter le droit international dans les territoires palestiniens. Publié le 22 août 2026, cet appel intervient alors que la situation à Gaza et en Cisjordanie continue de se dégrader, et que les deux pays disposent d'une fenêtre diplomatique pour peser sur le conflit.
Un appel conjoint pour une action coordonnée
Dans cette tribune, les signataires, parmi lesquels figurent d'anciens chefs de mission diplomatique à Tel-Aviv, à Ramallah et dans d'autres capitales du Moyen-Orient, estiment que la France et le Royaume-Uni doivent utiliser leur poids diplomatique, leur siège au Conseil de sécurité des Nations unies et leurs relations avec les acteurs régionaux pour exiger le respect des résolutions internationales. Ils notent que les deux pays partagent une responsabilité particulière en raison de leur histoire et de leur statut de membres permanents du Conseil de sécurité.
Les anciens ambassadeurs soulignent que les violations du droit international, notamment la poursuite de la colonisation en Cisjordanie et les restrictions imposées à la population de Gaza, alimentent un cycle de violence et compromettent toute perspective de solution à deux États. Ils rappellent que les avis consultatifs de la Cour internationale de justice (CIJ), rendus en 2024 et 2025, ont clairement établi l'illégalité de l'occupation prolongée et de la colonisation israélienne, et que les États ont l'obligation de ne pas reconnaître cette situation.
Des mesures concrètes proposées
Les signataires proposent une série de mesures concrètes que Paris et Londres pourraient adopter ensemble. Ils suggèrent notamment la reconnaissance de l'État de Palestine, une mesure que la France et le Royaume-Uni n'ont pas encore prise, contrairement à d'autres pays européens. Ils recommandent également l'imposition de sanctions ciblées contre les responsables de la colonisation, l'interdiction d'importation de produits issus des colonies, et le renforcement du financement de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).
Les anciens ambassadeurs insistent sur l'importance d'une action coordonnée au niveau européen et international. Selon eux, une initiative conjointe franco-britannique pourrait servir de catalyseur pour une position européenne plus ferme et pour relancer le processus de paix, actuellement au point mort. Ils citent en exemple les déclarations de la CIJ et les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies qui ont recueilli une large majorité, mais qui restent lettre morte faute de mise en œuvre.
Une réponse attendue des gouvernements
Cet appel intervient à un moment où les gouvernements français et britannique, sous la direction d'Emmanuel Macron et de Keir Starmer, ont affiché des positions divergentes sur le conflit. La France a condamné à plusieurs reprises la colonisation et appelé à un cessez-le-feu à Gaza, tandis que le Royaume-Uni a maintenu une ligne plus nuancée, tout en soutenant le droit d'Israël à se défendre. Les signataires espèrent que leur tribune incitera les deux exécutifs à dépasser leurs divergences et à adopter une position commune forte.
Selon les anciens ambassadeurs, le coût de l'inaction est élevé, tant en termes humains que géopolitiques. Ils rappellent que la population de Gaza vit dans des conditions catastrophiques, avec un accès limité à l'eau, à la nourriture et aux soins, et que la violence en Cisjordanie, notamment les incursions de colons et les opérations de l'armée israélienne, ne cesse de s'intensifier. Ils estiment que seule une pression diplomatique soutenue peut inverser cette dynamique et ouvrir la voie à des négociations de paix.
L'appel des anciens ambassadeurs a été relayé par plusieurs médias et organisations non gouvernementales, qui y voient un signal fort adressé aux chancelleries. Reste à savoir si Paris et Londres répondront favorablement à cette demande, alors que les deux pays traversent des périodes politiques délicates, marquées par des élections récentes et des crises internes. La tribune se conclut par une mise en garde : sans action immédiate, la perspective d'une solution à deux États s'éloignera définitivement, avec des conséquences désastreuses pour la région et pour la crédibilité du droit international.



