Un sondage du Pew Institute a provoqué une onde de choc en Israël : le maire de New York, Zohran Mamdani, jouit d'une image plus favorable que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou auprès des juifs américains. Selon cette étude de référence, 27 % des juifs américains ont une opinion positive de Mamdani, contre seulement 20 % pour Netanyahou. Ce résultat est d'autant plus frappant que la droite américaine n'a cessé de diaboliser l'édile new-yorkais musulman, le présentant tantôt comme un islamiste, tantôt comme un communiste.
Une fracture historique au sein de la communauté juive américaine
Plus inquiétant encore pour l'État hébreu, 30 % des adultes juifs américains estiment qu'Israël commet un génocide à Gaza, selon le même sondage. Il s'agit d'une rupture historique au sein de la première communauté juive de la diaspora, qui a traditionnellement soutenu Israël de manière inconditionnelle. Pendant des décennies, le « lobby juif » a œuvré de manière bipartisane pour préserver les intérêts de l'État hébreu, mais ce consensus semble aujourd'hui voler en éclats.
Un soutien de Trump qui s'effrite
Ce désamour intervient alors que Donald Trump continue de soutenir Benyamin Netanyahou et sa politique d'extrême droite. Cependant, une partie de l'électorat républicain et de la communauté juive américaine commence à se distancier du Premier ministre israélien. Cette défection pourrait avoir des conséquences importantes, tant sur les élections de mi-mandat aux États-Unis que sur les prochaines élections générales en Israël.
Selon Pierre Haski, chroniqueur, « cette fracture pourrait affaiblir Netanyahou sur la scène internationale et le priver d'un soutien crucial à Washington ». Le Premier ministre israélien a bâti une partie de sa légitimité sur l'appui des États-Unis, et plus particulièrement de la droite américaine. Si ce pilier s'effondre, sa position deviendra plus précaire.
Des conséquences politiques majeures
Les répercussions de ce sondage ne se limitent pas à l'opinion publique. Sur le plan politique, la perte de soutien des juifs américains pourrait réduire l'influence du lobby pro-israélien à Washington, affectant les décisions du Congrès et de l'administration Biden. De plus, alors que les élections de mi-mandat approchent, les candidats républicains devront composer avec un électorat juif de plus en plus critique envers Netanyahou.
En Israël, ce sondage renforce l'opposition qui accuse Netanyahou de mener une politique d'extrême droite isolant le pays. La question de la guerre à Gaza et des accusations de génocide devient centrale dans le débat public israélien. Le gouvernement Netanyahou, déjà fragilisé par des scandales et des manifestations, pourrait voir sa majorité se réduire encore davantage.



