Mali : peines alourdies pour les activistes Ras Bath et Rose
Mali : peines alourdies pour Ras Bath et Rose

La cour d'appel de Bamako a confirmé, lundi 17 août, les condamnations des activistes Ras Bath et Rose, deux figures de la contestation contre la junte du général Assimi Goïta. Les peines, initialement prononcées en première instance, ont été alourdies, marquant une étape supplémentaire dans la répression des voix critiques au Mali.

Des peines alourdies en appel

Ras Bath, de son vrai nom Mohamed Youssouf Bathily, a vu sa peine passer de deux ans à trois ans de prison ferme. Rose, dont le nom complet n'a pas été divulgué, a également vu sa peine augmentée, passant de dix-huit mois à deux ans de prison ferme. Les deux activistes avaient été arrêtés en avril dernier pour avoir appelé à manifester contre la vie chère et la gestion de la transition par les autorités militaires.

Un symbole de la répression

Cette décision intervient dans un contexte de durcissement du régime du général Assimi Goïta, qui a pris le pouvoir par un coup d'État en mai 2021. Depuis, les critiques à l'encontre de la junte sont de plus en plus réprimées, comme en témoignent les arrestations de journalistes, d'opposants et de membres de la société civile. Selon des observateurs, cette condamnation en appel envoie un signal clair : toute contestation sera sévèrement punie.

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Une mobilisation internationale

Les avocats de Ras Bath et de Rose ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, dénonçant une procédure « inique » et une « instrumentalisation de la justice ». Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont condamné ces condamnations, les qualifiant de « graves violations de la liberté d'expression ». Elles appellent les autorités maliennes à libérer immédiatement les deux activistes.

Un impact sur la société civile

Cette affaire a des répercussions directes sur la société civile malienne. Plusieurs organisations ont exprimé leur crainte d'un « effet dissuasif » sur les militants et les citoyens qui souhaiteraient exprimer leur mécontentement. Le Mouvement citoyen « Y'en a marre », dont Ras Bath est une figure, a appelé à une « résistance pacifique » et à une mobilisation internationale accrue pour faire pression sur la junte.

En attendant l'examen du pourvoi en cassation, Ras Bath et Rose restent détenus à la prison centrale de Bamako. Leur sort est désormais suspendu à la décision de la Cour suprême, qui pourrait confirmer ou infirmer ces peines. Cette affaire illustre les défis auxquels est confrontée la transition malienne, tiraillée entre la promesse d'un retour à l'ordre constitutionnel et une répression croissante des voix dissidentes.

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