Alors que la peine de mort recule dans le monde, avec 24 exécutions recensées en 2025 contre 92 en 2020, des pays comme les États-Unis ou la Chine continuent de l'appliquer massivement. La France, qui a aboli la peine capitale en 1981, doit rester mobilisée pour promouvoir l'abolition universelle, selon une tribune publiée dans Le Monde.
Un recul global mais des disparités persistantes
Selon les chiffres d'Amnesty International, 144 pays ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Cependant, 54 États la maintiennent, et 18 pays ont procédé à des exécutions en 2025. La Chine, qui ne publie pas ses statistiques, reste le plus grand bourreau, avec des milliers d'exécutions chaque année. Les États-Unis, avec 18 exécutions en 2025, figurent parmi les pays développés qui l'appliquent encore, aux côtés de l'Iran, de l'Arabie saoudite et de la Corée du Nord.
La France, un acteur historique de l'abolition
La France a joué un rôle pionnier en abolissant la peine de mort sous l'impulsion de Robert Badinter, alors ministre de la Justice. Depuis, elle mène une diplomatie active pour l'abolition universelle, notamment au sein de l'Union européenne et des Nations unies. En 2025, la France a coparrainé une résolution de l'ONU appelant à un moratoire sur les exécutions, adoptée par 123 voix contre 34.
"La France doit continuer à porter cette cause sans relâche, car chaque exécution est une atteinte à la dignité humaine", déclare un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Les défis contemporains
Malgré les progrès, de nouveaux défis émergent. Certains pays, comme la Birmanie ou la Syrie, ont repris les exécutions après des années d'interruption. Aux États-Unis, plusieurs États ont recours à des méthodes controversées, comme l'injection létale ou la chambre à gaz. Par ailleurs, le recours croissant à la peine de mort pour des infractions liées au trafic de drogue ou au terrorisme inquiète les défenseurs des droits humains.
"La lutte contre la peine de mort est un combat de longue haleine, qui nécessite une vigilance constante", souligne un expert d'Amnesty International.
L'importance de la mobilisation citoyenne
Au-delà de l'action diplomatique, la société civile joue un rôle clé. Des organisations comme Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ou Amnesty International mènent des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer. En France, des événements comme la Nuit des Veilleurs, organisée chaque année le 30 novembre, permettent de rendre hommage aux victimes et de rappeler l'urgence de l'abolition.
"Il est essentiel que les citoyens se mobilisent, car la peine de mort est une question de droits humains qui nous concerne tous", affirme un responsable d'ECPM.
Vers une abolition universelle ?
L'objectif d'une abolition universelle semble encore lointain, mais des signaux positifs existent. En Afrique, plusieurs pays ont aboli la peine de mort ces dernières années, comme le Bénin en 2022 ou le Kenya en 2024. En Asie, la Mongolie a supprimé la peine capitale pour tous les crimes en 2023. Ces avancées montrent que le mouvement abolitionniste gagne du terrain.
"Chaque abolition est une victoire pour l'humanité. La France doit continuer à soutenir ces pays dans leur transition", conclut le porte-parole du Quai d'Orsay.



